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le 11 sept. 2025
SuivreDanse explosive !
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Sirāt brûle, gronde, frappe.
Le film s’ouvre sur un désert sans nom, traversé par une tribu de teuffeurs et de survivants, aux corps épuisés et aux visages mâchés par le soleil. Une caravane improbable d’êtres cabossés, entre la fuite et la transe, entre la fin du monde et la dernière fête. Au milieu d’eux, un homme vieillissant et son petit-fils, entre deux âges du monde. Ils sont sur un fil: c’est le titre du film. Entre enfer et paradis.
Ce duo (trio si l’on compte l’adorable toutou qui les accompagne) est en quête d’une fille, d’une sœur, au cœur du désert marocain. Elle est là, peut être.
Ce qui frappe d’abord, c’est le son : les basses, profondes, telluriques, qui semblent surgir du ventre du sable lui-même. Les boomers plantés au milieu du désert deviennent des totems, pulsant comme un cœur géant. Chaque vibration fait trembler le sol, la peau, la pellicule. On est pris dans une onde de choc, une transe collective.
Sirāt bascule lentement, insidieusement, dans le film de genre. Après l’hypnose des premières scènes vient la tension, puis la dérive. La route s’effondre, la fête devient course, le rythme s’accélère jusqu’à l’épuisement. On pense à Mad Max pour la folie mécanique (et le basculement vers la chute de la civilisation), mais aussi au Salaire de la peur pour cette lente descente vers la catastrophe, à Jodorowsky parfois, pour les visions hallucinées. Les corps se désagrègent, les dents tombent, les moignons se serrent sur des volants ou des canettes.
Et pourtant, au milieu de cette déflagration, le film ose la douceur. Entre le grand-père et le petit-fils, il y a des silences d’une beauté déchirante : un regard échangé, un geste hésitant, un bout de pain partagé au lever du jour. Cette tendresse autour d’un concert de ronflements. Ou ce petit spectacle de guitare sur moignon qui a beaucoup fait rire la salle. Dans cet univers dévasté, ces humains se reconstruisent.
Mais Sirāt ne pardonne pas. L’horreur finit par s’imposer, sans effet de manche. Elle surgit du réel, froidement. Le désert, immense et impassible observe, avale, digère. Et quand la montagne apparaît, on comprend que rien ne pourra lui résister.
Puis vient ce dernier acte. On danse, on veut tout faire peter. On monte le son et le désert vous prend au mot. Quand on comprend les nouvelles règles du jeu, la salle de cinéma se tait, suspendue à cette marche funèbre.
Ce qui reste à la fin, ce n’est pas seulement la peur ou la beauté, c’est une vibration persistante. Le film continue de battre en nous comme une basse sourde, un écho du monde qui s’éteint. Sirāt n’est pas seulement un film post-apocalyptique : c’est une expérience sensorielle, physique et mystique. Une transe funèbre et magnifique.
On y trouve pas ce qu’on venait y chercher. C’est une errance dans la vie.
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Créée
le 20 oct. 2025
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le 11 sept. 2025
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