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Film de Oliver Laxe (2025)

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J'ai beaucoup entendu parler de ce film. En bien et en mal. J'arrive après le train. Je ne l'ai pas vu au cinéma, mais à la télé récemment. Je préfère l'indiquer en préambule parce que forcément ça joue un peu sur la perception que j'ai du film. Une vision peut-être plus immédiatement analytique que sensorielle... Ou peut-être que le film ne m'a jamais donné la matière pour que je rentre dedans.


Je retire de la vision du film un sentiment mitigé. On se fout de ma gueule avec un certain talent. Mais on se fout de ma gueule. Le film commence sur une séquence de teuf au milieu du désert. Des grosses basses, des gens qui dansent, des trognes. Oui, ils sentent le vécu des raves, de la transe, etc... Mais tout cela est filmé de matière documentaire avec une espèce de distance. Dès le départ on ne participe pas à la fête, on regarde cette bande de personnages de loin. Nous sommes sans doute dans la position de Sergio Lopez, le père Lambda accompagné de son fils, à la recherche de sa fille. Ils se font chasser par une force militaire, pas trop virulente. Elle semble leur indiquer que l'endroit est dangereux et qu'il faut partir. Comme c'est des foufous dans leur tête, certains quittent la route, le chemin pour emprunter un autre chemin. Le fameux Sirât (le chemin, la voie, le pont entre l'enfer et le paradis). Et, c'est partir pour une longue errance.

J'aurais bien aimé apprécier le film. Les décors sont beaux. C'est vrai les paysages traversés ont de la gueule et sont filmés avec style et les véhicules aussi ont du potentiel, entre Terminus et Mad Max. Les comédiens n'ont pas grand chose à jouer, alors ils le jouent avec lenteur pour avoir l'air profond. Les camions roulent, s'arrêtent , roulent, les personnages réparent des trucs avec un air profond. Quand tout fait sens, rien ne fait sens. Ils oublient en route leur chemin à cause d'un accident malheureux. Petit à petit, on oublie le ce qu'on fait là. La scène qui m'a fait complètement décrocher, Segio Lopez prend une boisson hallucinogène avec ses amis teufeurs : il regarde ses mains bizarrement ! Tellement cliché. Et puis le film se finit.

J'ai l'impression d'avoir vu un film de loin, qui ne s'intéresse pas à ses personnages mais à son discours, son expérience. Comme si un journaliste de France 2, les avaient suivis dans leur pérégrinations vers le néant.

Alors si vous voulez voir des beaux paysages désertiques, vous pouvez tentez le coup. SInon vous pouvez revoir Sorcerer pour la tension et les personnages et Mad Max, pour la caractérisation silencieuse, les décors signifiants, l'action et les véhicules charismatiques.

Coyot
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le 7 juin 2026

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Coyot

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