Ca reste plutôt sympa au revisionnage, mais ça laisse aussi un petit peu d'amertume.
Alors certes, c'est fun, maitrisé, il y a ce petit fond de satire qui va bien (Les petits soldats mis en avant dans la promotion du film, et incarnation du virilisme belliqueux américain, sont en fait les méchants, la représentation de cette même amérique banlieusarde n'est pas épargnée, et je ne parle pas de portrait qui est fait de l'arrivisme et du cynisme capitaliste qui s'en sort toujours à coups de gros chèques), et dans l'ensemble, les effets spéciaux ont plutôt bien vieillis (le mix animatronique/CGI étant particulièrement bien dosé), mais on a aussi le sentiment que Joe Dante est coincé, obligé de refaire, encore et encore, le même film.
Parce que si le bordel que sème ces jouets, comme la galerie de portraits humains, évoquent un peu le chaos des Banlieusards, ça ressemble surtout beaucoup à un remake de Gremlins en moins bien.
Alors oui, les automatismes dantesques (rapport à Joe, hein, pas au Divin Poête) font qu'on retrouve avec plaisir les mêmes références méta-textuels (jusque dans le casting vocal des jouets, piqué aux Douze Salopards) et les tronches des fidèles Dick Miller et Robert Picardo, mais ça a quand même un peu trop un goût de déjà vu, ça fait preuve d'un peu trop de facilité pour pleinement convaincre. Et ça rend encore plus cruelle l'interminable liste des projets morts-nés de Joe Dante à la même période...