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le 13 août 2026
SuivrePar-delà les mondes !
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On entend parfois dire qu'être bavard est un très gros défaut pour un film. Qu'il faut montrer plutôt que dire. Et c'est souvent vrai, sans doute.
Mais il y a des cinéastes chez lesquels le verbe est souverain. La parole s'y déploie de manière magistrale. Dreyer savait déjà faire ça dès le cinéma muet. Aujourd'hui on pense par exemple à Quentin Tarantino.
Des cinéastes qui en agaceront plus d'un, ceux qui pensent qu'effectivement, trop de paroles nuit à un film.
Hamaguchi est de ceux-là, il en avait même fait le sujet, dans Sense et plus tard dans Drive my car. Ici aussi c'est le sujet, puisque c'est la libre adaptation d'un échange épistolaire.
Soit une directrice d'ehpad qui souhaite mettre en place une méthode douce, l'humanitude. Elle est tellement investie dans son travail, littéralement le travail est sa vie, qu'elle est proche du burn-out. Sa rencontre avec une metteur en scène atteinte d'un cancer presque en phase terminale va rebattre les cartes.
Et libérer la parole, car s'y ajoute l'urgence de quelqu'un qui se sait condamné. D'où le titre du film.
Un mot sur l'humanitude : concept créé pour les besoins du film j'imagine, à moins que ce ne soit dans les lettres déjà, sait-on jamais. Il ne s'agit finalement que d'être plus humain dans ses soins. Pas de quoi casser trois pattes à une brique donc, mais on peut renverser l'assertion en trouvant dommage qu'on ait tant besoin d'une formation pour simplement être humain.
Le film, nous montrant le travail, puis une séance de formation, est dans une première partie extrêmement démonstratif. C'est un peu comme si Wiseman avait posé sa caméra dans en ephad et s'était dit : "Non en fait, pour une fois, on va faire une fiction." Mais Hamaguchi a le temps. Son film, loin des plus de 5h de Sense, dure tout de même 3h15! Il en profite pour entremêler plusieurs niveaux de langage, et surtout de communication. Celui, ordinaire, de tous les jours. Celui, lénifiant, du personnel de soin pour ces personnes âgées atteintes d'Alzheimer. Celui, déclamatoire de la pièce de théâtre, dont le sens et l'émotion sont dissociés par l'usage génial d'un sous-titrage, l'acteur jouant en japonais dans une salle parisienne. Les conversations en deux langues des deux protagonistes principales, parlant toutes deux à la fois français et japonais. Les chants, que ce soit la création d'une chanson de rap ou les berceuses pour endormir les patients. Et les borborygmes d'un jeune atteint d'un autisme sévère, sa manière à lui d'interagir avec le monde.
C'est dans son dernier acte que Soudain prend tout son sens. Que le purement didactique laisse la place à l'émotion. On pourrait trouver qu'il le fait de manière simple. Les gentils humanistes contre les méchants capitalistes, puisque c'est l'un des axes. Que pour être réaliste il faudrait montrer plus de frictions, des cas plus extrêmes. Mais le film est centré sur la communication. Les frictions n'aident pas à la communication. D'ailleurs, à bien y penser, cette friction entre une infirmière et sa directrice est là pour montrer un autre usage du langage, la manière dont il peut blesser, ce qu'il révèle des relations de pouvoir. De toute façon tout cela ne prétend pas au réalisme. Cela se veut une réflexion.
Et cela avait bien marché pour la séance où j'étais, car s'il y avait peu de spectateurs, une discussion s'est engagée ensuite. C'était plutôt sympa.
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il y a 7 heures
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