Un jeune homme anglais, pris dans l'étau d'une mère qui l'infantilise, un beau-père qui le méprise et son petit frère trisomique placé dans une institution, va tomber fou amoureux d'une femme dans une bibliothèque. Au point que cette passion va devenir une obsession et révéler un autre.
Roy Boulting était le stakhanoviste du cinéma britannique durant près de soixante années, où il est passé dans tous les genres, cinéma ou télévision, avec souvent l'aide de son frère jumeau Sydney. Dans leur très large filmographie réside au moins une merveille du film noir qui est Brighton Rock.
Là, nous sommes en 1968, Boulting est clairement dans le sillage du thriller à la Hitchcock, où on retrouve d'ailleurs Bernard Hermann à la musique, qui travaille sur la dualité de son personnage principal, joué par Hywel Bennett. D'un côté, le garçon réservé et timide face à un jeune homme sûr de lui, voire violent. La jeune femme est incarnée par Hayley Mills, ex-égérie de Walt Disney qui continue de casser son image après l'excellent The family way (autre très bon film de Roy Boulting, qui fut son mari). Le format carré de l'image s'explique sans doute d'une part à cause des moyens limités, mais de l'autre, est comme une métaphore sur l'état mental du personnage, qui semble enfermé sur lui-même. Avec le point de bascule qui est cette conférence avec un scientifique qui explique ce qu'est le twisted nerve, à l'origine du titre du film.
Même s'il est davantage connu aujourd'hui pour une musique reprise dans Kill Bill (qui est le thème sifflé), ses quelques défauts (notamment la fin trop morale ou la durée un peu excessive, près de deux heures) ne doivent pas occulter le film en lui-même, qui reste un très bon thriller.