S'agit-il du film le plus laid et ridicule qu'il m'ait été donné de voir ? Oui, sans aucun doute.
Adapté d'un comic book visiblement très populaire, Spawn a cette saveur de téléfilm M6, avec ses nombreux plans en nuit américaine, cette fumée un peu partout, ses scènes sous-exposées, ses rôles absurdes et surjoués, ce capharnaüm esthétique, et surtout ses effets spéciaux à trois francs six sous. Et encore, on est plus proche de la poignée de sesterces.
Oh, je ne critiquerai pas le maquillage, qui s'il est de mauvais goût est honnête. Spawn ressemble à un knacki ball oublié sous un meuble de cuisine, mais ce n'est pas si grave. Je pourrais aussi m'apitoyer sur la narration qui consiste à faire expliquer le scénario par les personnages, ou sur les flashbacks de ce qui s'est passé il y a cinq minutes. Mais le pire, ce sont les effets pour le moins… spéciaux.
En effet (spéciaux, hahaha haha… ha… hum), le film en est bourré. On a l'impression qu'il y en a presque tous les deux plans. Le problème, bien sûr, c'est qu'ils sont… comment dire poliment… même sans être poli en fait…
D'abord, il y a cette espèce de fumée verte que l'on voit tout le temps, quand un clown pète ou dans les yeux de knacki qui regarde le collier de son chien, toutes les occasions sont bonnes.
Ensuite, il y a les transitions. Plutôt que de faire un simple changement de plan, ou fondu au noir, un fondu enchaîné, non. Il faut des éclairs, des flash, des croix, des marres de mercure, la cape de Spawn qui envahit l'écran sans rapport avec la scène… Enfin, je dis cape… je devrais dire placenta squameux qui se balade à l'écran sans que l'on sache vraiment si c'est un écran de veille de Windows qui s'affiche en surimpression après une trop longue période d'inactivité, ou un simple pré-rendu.
En fait, la majorité des effets numériques de ce film font penser à des pré-rendus.
On atteint le summum dans l'Enfer, où l'on se retrouve entre un mélange bizarre de Mega CD et de première génération de jeux Playstation 2… un véritable régal. Malebolgia, le grand démon, parle en gardant la bouche grande ouverte. Pour ne pas le montrer, ils zooment sur la partie haute de son visage. Malin, mais on ne me la fait pas, à moi.
Spawn est un véritable nanar, les mots ne suffisent pas pour le décrire.
Le pire dans tout ça, c'est probablement que Martin Sheen (Apocalypse Now) y joue le chef de la CIA, et que le réalisateur soit… un ancien d'ILM.