Vos yeux ne sont pas prêts. Vous pensez pouvoir supporter toute mocheté filmique, mais vous allez faire la connaissance d'un film à 40 millions de dollars qui a tout d'un film d'étudiants (les cancres, au fond de la salle près du radiateur), absolument hideux à voir. Les effets spéciaux tels que les détourages verts qui émanent du clown (l'antagoniste dont on ne comprend pas vraiment les motivations, il retourne sa veste toutes les deux minutes) vous piquent déjà les rétines ? Attendez d'avoir découvert l'Enfer et son Démon, tout en numérique vomitif, qui vous faciliteront le transit. Spawn mérite le zéro pointé, avec son intrigue nullissime : le papounet qui revient des Enfers en héros malaimé, qui lutte contre une prophétie apocalyptique qu'il doit déclencher... Soit, mais avec Bozo qui se transforme en cafard géant, avec un Cerbère de la Porte encore plus mal fait que dans l'ancien Ghostbusters - oui, il fallait le faire - et un papounet qui n'est qu'une base à des scènes mièvres... Au secours. Spawn nous donne envie de regarder nos pieds durant une heure trente, heureusement les doubleurs sont là (l'unique raison qui nous a poussé à mettre quelques points à ce navet accompli) : Roger Carel brille de mille feux même dans ce rôle minable, Michel Vigné et Patrick Floersheim assurent, et même un petit rôle de Véronique Augereau (Marge Simpson, pour les intimes). Ils sont tous là, et ils nous ont régalé les oreilles malgré la pauvreté abyssale des dialogues qu'ils ont eu à débiter, on reconnaît bien là le pouvoir fascinant des bons doubleurs. On regrette que le visuel ne suive pas le milliardième du talent vocal offert à Spawn, on remet un coup d'oeil au Démon, et on veut se désinfecter les yeux à l'eau bénite. Fortement recommandé si vous avez des tracas intestinaux.