Parfois, le problème d’un film n’est pas sa mauvaise réalisation, mais à quel point on se désintéresse de ce qu’il raconte. Shutter, remake d’un film thaïlandais qui avait marqué les esprits à sa sortie, tombe exactement dans ce piège : une succession de sursauts prévisibles, des personnages sans âme et une ambiance qui ne décolle jamais. Tout semble automatique.
Sur le papier, le point de départ avait du potentiel. Un photographe et sa compagne découvrent des présences fantomatiques sur leurs photos après un accident. Mais ce qui aurait pu être une histoire angoissante sur la culpabilité, le traumatisme et les fantômes (au sens propre comme au figuré), se résume à un enchaînement de clichés du J-horror, avec des apparitions déjà vues mille fois et des rebondissements sans surprise.
Techniquement, le film est correct, et Rachael Taylor sauve ce qu’elle peut avec une interprétation digne. Mais cela ne suffit pas à compenser un récit sans rythme, qui peine à construire la tension et dont le dénouement, trop tardif et mal amené, laisse le spectateur sur le bas-côté.
Shutter n’est pas un désastre. Mais il n’apporte strictement rien. Dans un genre où le public a tout vu, proposer seulement quelques frissons recyclés et une intrigue sans cœur ne suffit pas. C’est regardable, certes — mais totalement oubliable. Et pour un film d’horreur, l’indifférence est sans doute le pire des sorts.