5
137 critiques
Fin de course ?
On a bien du mal à s’imaginer que la même personne se trouve derrière l’ambiance dosée et maîtrisée de Sixième Sens ou Signes et la mise en scène facile et sans personnalité de Split. C’est que le...
le 19 févr. 2017
Sur le fond Split tient de la bisserie gratinée, d'ailleurs ses faiblesses restent évidentes et ne sont pas corrigées au fil du développement. L'incongruité du 'based on a true story' (Kevin est inspiré par Billy Milligan) reflète bien le produit à l'arrivée : c'est improbable, on a déjà fait le coup, mais on trouve du vrai là-dedans sans nécessairement y croire. Split est recevable grâce à deux piliers : la qualité de l'exécution, l'amabilité des trois protagonistes. Un troisième vacille davantage : cette notion de surpassement de la conscience grâce à la souffrance, traitée de façon plus crue et absolutiste dans Martyrs.
Shyamalan reprend ses fondamentaux, au point de finir dans le cameo ludique (ressuscitant Incassable) ; tous les éléments forts sont déjà présents dans les précédents films – et les bases psycho sont assez courantes. Mais il fait un bon usage des clichés. La performance de McAvoy, ses présences, sont naturellement le clou du spectacle. Le jeu est minimaliste, l'essentiel tient au visage et à la voie, le recours aux accessoires est minimal et même nul sur certains aspects (ni perruques ni maquillages). La pente naturelle semblait la gaudriole ou le plantage gênant, amateur, mais l'acteur, avec une lourdeur appropriée, un engagement net, arrive à éviter cette chausse-trappe.
La mise en scène premier degré, même lorsque le fil menace de craquer, lui apporte du crédit, jusque dans sa mutation lente vers le grotesque. Le traumatisme infantile, avec mère abusive, c'est-à-dire le coup classique, est embarqué par nécessité autant que par facilité ou loyauté (cette carte psycho concernait justement Billy Milligan et sa défense) ; l'auteur de Signes et Sixième Sens entretient également la piste surnaturelle, de façon souterraine la plupart du temps. La 24e personnalité rappelle la bête de Dragon Rouge (le prequel du Silence des Agneaux) puis les traits d'un démon se confirment. Tant qu'elle est redoutée la possession semble relever d'une schizophrénie ou d'un cache-misère inconscient. L'idée d'une source interne prend du plomb lorsqu'on s'en rapproche. Le tour est plaisant, insidieusement effrayant et comme d'habitude avec Shyamalan la mystification d'un grand secours.
Cette fois elle n'est pas instrumentalisée ou vénérée (comme dans Le Village), mais pratiquée pour donner dans plusieurs registres, ébaucher diverses réponses. Tout ce qui est acquis ici c'est que Kevin/Milligan n'est pas un faussaire – il pourrait encore jouer, encourager ou rechercher ses délires, mais au moins son expérience est sincère. D'où un assez large éventail de nuances de glauque : au début la captivité rappelle Saw et Old Boy, la souffrance psychique et les conflits convoquent d'autres références (Psychose, Identity), alors que la dissociation en elle-même ouvre des voies plus SF, emmenant vers du post-Lucy. Enfin l'obstination de la clinicienne apporte un peu d'air et d'émotions normales (psychiatre émouvante avec sa foi et ses sacrifices).
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Le Classement Intégral de Zogarok, Les meilleurs films sur la maladie mentale, Les meilleurs films de M. Night Shyamalan, Les meilleurs films de 2017 et Watching Challenge 2017 Zogarok
Créée
le 13 avr. 2017
Critique lue 469 fois
5
137 critiques
On a bien du mal à s’imaginer que la même personne se trouve derrière l’ambiance dosée et maîtrisée de Sixième Sens ou Signes et la mise en scène facile et sans personnalité de Split. C’est que le...
le 19 févr. 2017
7
1469 critiques
Après un The Visit bancal mais éminemment sympathique et malsain, c'est avec ce Split que l'ami M. Night Shyamalan signe son véritable retour. Un retour aux sources de ses thématiques, de ses...
le 22 févr. 2017
9
25 critiques
Force est de constater que Shyamalan a connu 2 périodes bien distinctes : l'avant et l'après The Village, bien que certains diront que sa période s'est terminée avant ou après ce long métrage . The...
le 23 févr. 2017
9
1640 critiques
La suite des Visiteurs fut accouchée dans la douleur. Des fans volent des morceaux de décors, le tournage est catastrophique, l'ambiance entre Muriel Robin et le reste de l'équipe est très mauvaise...
le 29 juin 2014
10
1640 critiques
C’est la métamorphose d’un nain intrépide, héros à contre-courant demandant au méchant de l’histoire pourquoi il s’obstine à camper cette position. Né par sa propre volonté et détenant déjà l’usage...
le 11 févr. 2015
10
1640 critiques
Deux ans avant le scandale du Dernier Tango à Paris, Bertolucci présente son premier film majeur. Inspiré d’un roman de Moravia (auteur italien le plus fameux de son temps), Le Conformiste se...
le 4 déc. 2014
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème