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Fin de course ?
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le 19 févr. 2017
Bat nanas split.Kevin Wendell Crumb,oui Crumb comme le dessinateur,enlève trois adolescentes et les séquestre.Le problème du gars est qu'il souffre de troubles dissociatifs du comportement,comprenez qu'il est complètement taré.C'est donc un schizophrène,mais alors grand format car il n'y a pas moins de 24 personnalités qui cohabitent dans sa petite tête,dont une qui dessine ,comme Crumb,et qui bataillent entre elles pour se manifester à tour de rôle.Voici donc le film qui a remis en selle M. Night Shyamalan,le prodige des années 90 tombé depuis un moment dans la dèche et qui était tricard dans les majors américaines après avoir royalement planté quelques blockbusters.Il est ici réalisateur,scénariste et coproducteur de ce film produit par Jason Blum et sa société Blumhouse spécialisée dans le found footage horrifique et les petits budgets."Split" est un bon film mais souffre d'un léger divorce entre la nature du projet et celle du cinéaste.Shyamalan a décidé de faire comme au bon vieux temps un film d'horreur psychologique propice à la réflexion dans le cadre d'une série B dont l'histoire susciterait plutôt des scènes chocs organiques,ce qui donne l'impression étrange de déguster du Cronenberg light.Night se voit condamné à satisfaire les exigences crapoteuses de Blum tout en refusant de renoncer à ses ambitions auteurisantes,ce qui provoque une sorte de grand écart parfois préjudiciable à l'oeuvre.Du coup,c'est assez lent,ça manque de liant et de nerf,l'action se répartissant entre les consultations de Kevin,ou plutôt des occupants de sa caboche,chez sa psy,et ses relations avec les filles kidnappées qui lui donnent du fil à retordre,surtout Casey qui,sans être aussi barrée que lui,n'est pas non plus très nette.La partie psycho traîne en longueur et se révèle vite répétitive,ce qui nuit à l'efficacité de la narration,d'autant que la vieille toubib est complètement larguée.Elle passe des heures à discuter avec les différents avatars de Kevin,comme si on pouvait soigner ce genre de malade,au lieu de faire interner direct le dingo.Elle finira par comprendre son erreur mais trop tard.Le but est de décrire cette pathologie rare et incroyable,ceux qui en sont atteints pouvant accomplir tous les actes des personnes qu'ils pensent être.Ainsi un homme n'ayant jamais pratiqué l'haltérophilie arrive,s'il se croit haltérophile,à soulever des poids extrêmement lourds.Supériorité de l'esprit sur la matière,comme dirait Crocodile Dundee.Evidemment,la source du mal est toute bête et classique,résidant dans les maltraitances que sa mère faisait subir à Kevin lorsqu'il était gamin.Plus intéressante est la partie impliquant les kidnappées aux prises avec un ravisseur insaisissable,et pour cause puisqu'il n'est jamais la même personne.Si Claire et Marcia s'opposent frontalement au cinglé et tentent de s'échapper,la très perturbée Casey est beaucoup plus rusée et essaie de manipuler son geôlier en s'adaptant à ses personnalités successives,ce qui aura ses limites car forcément ce sont les instincts les plus bas du mec qui finissent par prendre le dessus,vision noire mais logique de la nature humaine.Mais ce processus prend du temps et se trouve débité en tranches à cause des absences répétées de Kevin parti chez la psy.Par conséquent le fil de l'intrigue n'est pas assez tendu et les rapports entre le garçon et ses proies sont trop dilués dans le temps.En outre,Shyamalan esquive le glauque dans lequel nage pourtant son script.En clair,ça manque de sexe et de gore.Parce que même si le réalisateur prend des pincettes,il est clair que les motivations du dingue sont autant sexuelles que mentales.D'ailleurs il oblige les filles à se dénuder partiellement,mais il n'y aura pas le moindre viol,ce qui est curieux à moins que le mec ne soit de surcroît impuissant,ce qui n'est pas précisé.Quant à la violence,elle finira par surgir mais tardivement et à travers des images pudiques dopées au hors-champ.Finalement,l'aspect bis crapoteux est largement évité au profit d'une intellectualisation pas toujours convaincante.Seule star du film,le d'habitude fadasse James McAvoy accomplit ici un travail époustouflant,endossant de manière crédible les multiples et très différentes caractéristiques de son personnage.Mais il a en face de lui l'extraordinaire Ania Taylor-Joy qui dans le rôle de Casey est une révélation de gros calibre.Son visage est d'une incroyable expressivité et son regard vous transperce littéralement.Elle campe avec un talent fou une jeune femme perturbée qui a des raisons de l'être car elle aussi a vécu des abus durant son enfance.La fin énigmatique laisse d'ailleurs un goût amer quand la policière prévient la petite que son oncle vient la chercher.Aurait-elle échappé à cet enfer pour retourner dans le sien?Haley Lu Richardson et Jessica Sula sont excellentes,et très jolies,en captives combatives,et Brad William Henke fait parfaitement ressortir le côté malsain du tonton violeur lors de flashbacks traumatisants.Shyamalan apparait brièvement dans son film,façon Hitchcock,et l'apparition finale de Bruce Willis en David Dunn,le rôle qu'il tenait en 2000 dans "Incassable",semble inutile mais l'est moins quand on sait que Night réalisera en 2019 "Glass",un crossover réunissant Dunn et Crumb.Le caméo de Willis est donc en quelque sorte un trailer du film suivant.
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le 7 nov. 2020
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