5
137 critiques
Fin de course ?
On a bien du mal à s’imaginer que la même personne se trouve derrière l’ambiance dosée et maîtrisée de Sixième Sens ou Signes et la mise en scène facile et sans personnalité de Split. C’est que le...
le 19 févr. 2017
Split commence en abordant à merveille le concept du trouble dissociatif de l'identité, en nous plongeant dans l'histoire de Kevin Crumb, un cas extrême de TDI disposant de 23 personnalités différentes, vivant tant bien que mal dans le cerveau traumatisé d'une seule personne. L'équilibre de cette existence est précaire, et finit par rompre lorsque Kevin est amené à ressasser des éléments peu reluisants de son passé et à passer plusieurs années en semi-isolement du reste de l'humanité.
Sa psychiatre, personnage important du film, permet au spectateur de se rendre compte des enjeux autour de cette pathologie, notamment celui de la crédibilité: personne ne croit qu'il est possible pour une personne d'avoir autant de personnalités, surtout lorsqu'elles diffèrent aussi d'un point de vue physiologique (par exemple, une des personnalités de Kevin est diabétique).
Cette romantisation de la pathologie est convaincante, voire séduisante: très tôt dans le film, la psychiatre laisse penser qu'elle estime ce trouble dissociatif extrême comme une évolution, plutôt qu'un handicap. Le film emboîte le pas de cette réflexion et commence à prendre une direction presque transhumaniste à ce sujet, puis finit très étonnamment par se prendre lui-même à contrepied : la 24e personnalité de Kevin, qui finit par surgir, possède des attributs physiques surhumains, mais est terrifiante et bestiale. Je dois dire que j'ai trouvé ce contrepied assez décevant. Le film a passé plus d'une heure à bâtir une silhouette terrifiante et surhumaine, ayant évolué au-delà de l'humanité, pour que cette silhouette, certes impressionnante physiquement, ne semble pas plus intelligente qu'une bête sauvage.
Les différentes personnalités sont le plus gros point fort du film, à mes yeux. James McAvoy porte le film à travers une interprétation exceptionnelle du personnage de Kevin, et des différentes personnalités qui habitent sa psyché. Chaque personnage est reconnaissable par ses tenues, mais aussi (et surtout!) par ses mimiques, son phrasé, et sa personnalité. L'acteur a pleinement réussi le pari d'incarner une horde de personnages différents dans un même corps. L'actrice principale, Anya Taylor-Joy, est elle aussi très convaincante dans son rôle d'adolescente enlevée au passé sombre. Ces deux acteurs principaux relèvent le niveau d'un cast moins inspiré (les deux autres adolescentes enlevées ne sont pas très convaincantes, je dois dire) ou un peu bloqué dans le rôle de personnage-fonction : la psychiatre, quoiqu'intéressante, donne un peu trop l'impression d'être surtout là pour faire avancer l'intrigue, car elle mêle pratiques médicales parfaitement crédibles et bien représentées, avec des fautes professionnelles difficiles à défendre alors qu'elle sait que certaines personnalités de Kevin peuvent être dangereuses.
Un dernier point: la fin du film est particulièrement surprenante et inattendue. Je ne la trouve pas mauvaise, loin de là, mais elle contribue à penser que ce film était pensé pour aller dans une autre direction (questionner le rapport de l'humanité à la différence et au handicap, étudier les possibilités d'avancer en tant que société en intégrant les personnes différentes qui ont tant à nous offrir, plutôt qu'en les délaissant), avant de faire volte-face pour laisser place à la création d'un antagoniste qui fait vraiment office de "grand méchant loup de l'histoire", ainsi qu'à la possibilité d'une suite lucrative.
Cet arrière goût vient quelque peu ternir la qualité de l'oeuvre au global, mais le film reste très solide au demeurant. Je recommande, et j'ai hâte de voir la suite.
Créée
le 5 févr. 2026
Critique lue 3 fois
5
137 critiques
On a bien du mal à s’imaginer que la même personne se trouve derrière l’ambiance dosée et maîtrisée de Sixième Sens ou Signes et la mise en scène facile et sans personnalité de Split. C’est que le...
le 19 févr. 2017
7
1448 critiques
Après un The Visit bancal mais éminemment sympathique et malsain, c'est avec ce Split que l'ami M. Night Shyamalan signe son véritable retour. Un retour aux sources de ses thématiques, de ses...
le 22 févr. 2017
9
25 critiques
Force est de constater que Shyamalan a connu 2 périodes bien distinctes : l'avant et l'après The Village, bien que certains diront que sa période s'est terminée avant ou après ce long métrage . The...
le 23 févr. 2017
3
54 critiques
Je ne doute absolument pas que ce jeu était intéressant à jouer à son époque. D'ailleurs, après 10h de jeu, on lui reconnaît des qualités indéniables, comme la profondeur de son écriture ou encore...
le 25 mai 2025
5
54 critiques
Ce jeu a vraiment l'air super... jusqu'à ce qu'on s'attarde sur un jeu de meilleure facture et d'un genre similaire.
le 24 mai 2025
10
54 critiques
Excellente série, dont la qualité surpasse même celle de l'oeuvre originale à mes yeux. Tout est exceptionnel, il n'y a rien à y redire.
le 21 mai 2025
NOUVELLE APP MOBILE.
NOUVELLE EXPÉRIENCE.
Téléchargez l’app SensCritique, explorez, vibrez et partagez vos avis sur vos œuvres préférées.

À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2025 SensCritique