Alors que le directeur d'un établissement pour garçons mineurs lutte pour en empêcher sa fermeture annoncée, il doit aussi faire face à ses problèmes mentaux, car peu à peu, il s'enfonce dans l'alcoolisme.
Lors de mes vacances sur les terres Irlandaises, j'ai été surpris d'entendre parler de ce film, qui sortait en salles (comment souvent avec Netflix là-bas), mais je n'avais pas osé le voir, car je connais la difficulté avec les accents locaux, parfois prononcés. Là, il sur sort sur la plateforme dans le monde, avec les sous-titres, et il vaut mieux. Mais il faut également avertir le spectateur comme quoi le film est assez déprimant, d'une grande noirceur, comme si d'une façon, c'est une gueule de bois sur la Grand-Bretagne des années 1990, entre l'Ira et Margaret Tchatcher. Surtout, c'est un film sur Cillian Murphy, que la caméra suit sans arrêt comme un aimant, et qui est formidable, dévoué comme jamais à ces adolescents parfois violents, qui l'insultent copieusement, uni avec son équipe pédagogique, mais qui sombre peu à peu, jusqu'à une conclusion presque étouffante, comme une sorte de libération. Il aime son métier, se bat contre l'administration qui a avancé la fermeture de ce centre, comme s'il n'avait que ça dans sa vie, et cela va jouer sur sa santé mentale, où il planque de partout des médicaments, des bouteilles, et on le voit perdre pied peu à peu, essayer en particulier de sauver un adolescent nommé Shy, et il vaut mieux avoir le moral en béton.
Le film se passe en 1990, il est construit sur quelques jours, en particulier le tournage d'une émission télévisée, avec du grain à l'image, et le réalisateur utilise beaucoup d'effets, dont un plan-séquence effectué au drone où l'esprit chamboulé de Steve semble sortir pour faire un tour dans le jardin où jouent les ados, et d'autres plans parfois étonnants. Je vois une métaphore de son esprit dans ce moment-là, mais peut-être un hommage (in)conscient à Trainspotting, sorti en 1995, qui montrait aussi les ravages des drogues sur le psyché des personnes. On retrouve aussi Tracey Ullman ainsi qu'Emily Watson en psychologue, avec des jeunes acteurs du coin, avec pour certains ce cher accent irlandais.
Steve est clairement le film porté par son acteur, qui l'a tourné après le triomphe et l'Oscar d'Oppenheimer, dans un sujet difficile, sans complaisance, violent physiquement et mentalement, mais qui est passionnant sur le fond et la forme.