En 1999 est sorti Matrix, premier film a intégrer pleinement une culture jeux vidéo dans son essence (@Gozer me signale justement le cas Tron, mais ça se cantonne au genre de l'arcade à mon sens).


En 2011, Sucker Punch va au bout de ce processus, au point que le média cinéma n'est plus que le prétexte servant la mise en scène d'un jeu vidéo, au détail près que le joueur n'a pas le droit de se servir de la manette. Snyder est le seul a avoir pu jouer et on a droit à une retransmission de sa partie.


On m'a tellement vendu Sucker Punch comme une infamie qu'au final, je me suis surpris à être un brin intrigué par son préambule à rallonge, j'avais presque un espoir qu'on m'ait trompé. Puis "Babydoll" s'est mise à danser. A ce moment là, l'action à coups de baston abusant de combos (aux ralenti forcément) commence, dans des univers assumant pleinement leur absence de cohérence, ce genre d'univers que derechef seul le média jeu vidéo peut proposer sans (trop) perdre en crédibilité et intérêt. Sauf qu'encore une fois, on n'est pas dans un jeu vidéo officiellement, mais un film. Et pour de l'action, c'est drôlement mollasson, d'autant plus que les enjeux à coups de paraboles grossières ne poussent pas vraiment à s'intéresser à ce qui défile à l'écran. On attend que ça passe. Next target, next level, même ennui, vivement que ça se termine.


J'ai rapidement regardé le tout d'un œil distrait, un peu lobotomisé moi même peut être. Si ça n'avait pas été si indigent tout du long, je me serais peut être réveillé pour évaluer l'intérêt du twist final, mais en fait non, Sucker Punch a su distiller en moi une flemme absolue de m'intéresser à lui. Comme un jeu vidéo qui oublie de peaufiner son scénario au point qu'on laisse sur le bas côté toutes les quêtes annexes. Il y a peut être mille interprétations à faire du scénario de Zack Snyder, je ne doute pas de l'honnêteté du bonhomme dans sa volonté de faire ce qu'il considère être un bon film, original et sortant des sentiers battus. Mais franchement, ce n'est pas sa réalisation foutraque et le tempo imprimé à son bébé qui me donne envie de m'y plonger.


En fait, Sucker Punch, c'est (pour le spectateur / joueur privé de manette) une sieste les yeux ouverts.

Hypérion
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le 23 févr. 2013

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