Haletant et surprenant dans sa narration, classique et solennelle dans sa mise en scène, Sully est une nouvelle oeuvre humaniste de Clint Eastwood scrutant un acte héroïque dans ses détails et par l'image qu'il renvoie.
En soit l'histoire du commandant de bord Sully qui sauva les passagers de son avion d'un crash providentiel en amerrissant sur le fleuve Hudson.
Une histoire vraie relaté non pas d'un point de vue hagiographique du personnage principal mais par la répercussion de son acte héroïque sur lui-même ainsi que plusieurs points de vue des personnes présentes.
Le film est de ce fait très haletant. Eastwood alterne drame et thriller avec brio. Tout en justesse, très détaillé, ne versant pas dans le larmoyant, le film rend hommage aux personnes qui ont vécues ce moment. Un contrepoint bienvenue qui permet de rendre compte de la situation d'urgence et ce qui s'ensuit.
Eastwood à toujours travaillé ces personnages entre ombre et lumière. A la fois face caméra par un jeu d'éclairage mais aussi dans l'interprétation de ses acteurs. Sully est un personnage Eastwoodien par excellence. Derrière son héroïsme, il y'a l'humain en proie au doute, à la sécurité des personnes et qui est conscient de l'impact médiatique qui l'entoure tout en étant lucide sur ce qui c'est passé et ce qui l'attend.
Tom Hanks jour le personnage tout en justesse, très crédible. Il en va de même pour les seconds rôles, Aaron Eckhart en tête.
Au delà du fait que le film soit patriote et que l’événement décrit est vu comme une catharsis pour New-York, ce qui est très compréhensible et résumé en une phrase par un des personnages, Eastwood nous livre un récit humaniste d'une justesse et d'une maîtrise rare.
Il est important de le souligner car c'est tout à son honneur que de rendre hommage aux personnes ayant vécu ce moment tout en justesse, finesse sans tombé dans des clichés généralistes et livrant une très belle oeuvre cinématographique par la même occasion.
Ce n'est certes pas son meilleur film mais c'est tout l'art d'un grand maître.