Conscient de l’héritage qui lui incombe, Gunn, prend le parti pris de revenir aux fondamentaux de la saga mais en y insufflant une touche de modernité qui lui est propre. Une sorte d'hommage au Superman de Richard Donner tant sur l'esthétique visuel qu'auditif. Pour autant, il reste bel et bien original et indépendant dans son approche sans pour autant trahir le matériaux de base, à savoir le comic-book. Une approche nostalgique qui pourrait en dérouter certains mais qui témoigne à l’écran d'une sincère démarche artistique et d'un réel amour du personnage et de son univers.
D'un point de vue scénaristique, Gunn nous prend pas mal à contre-pied ce qui n'est pas pour nous déplaire, dans un paysage cinématographique moderne où tout est lissé jusqu'à l'extrême pour mieux nous faire avaler la pilule. Les enjeux apparaissent progressivement et posent un réel impact dans la deuxième partie.
Le récit entre tambour-battant dans la danse dès les premières minutes pour ne plus nous lâcher. Aucun temps morts n'est au rendez-vous et le spectaculaire officie nettement son rôle en nous en mettant parfois plein les yeux.
Dans sa démarche de lancer l’édifice de son futur DCU, Gunn (dans le style qu'on lui connait) a parfois tendance à en faire un peu trop quitte à en laisser certains sur le bord de la route, et ce trop plein d’énergie peut-être quelque peu déroutant par moment. Mais l'on ne peut s’empêcher de penser qu'entre ses mains et en tant que première étape, il accomplit largement sa mission.