Superman
6.1
Superman

Film de James Gunn (2025)

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Welcome back Tobey Maguire's Spider-man

Quoi qu'on en pense, ça fait toujours du bien en ces temps ci de voir un immigrant illégal, woke et antifasciste, tabasser un milliardaire complice d'un état colonialiste.


James Gunn ouvre son DCU avec un film qui va certainement cliver, déjà pour ses choix de DA, qui sont entre la bouillie numérique et un hommage à un Métropolis aussi lumineux que son héro attitré, témoignant d'un amour énorme du réalisateur pour les comics du golden et silver age, avec tout ce que ça a de kitsch de l'époque, comme les costumes ringards, les sur explications des personnages, la naïveté enfantine du discours et les éléments de lore complètement débiles assumés avec beaucoup de 1er degré dans leur absurdité...c'est bien un film de son auteur.


J'aimais déjà beaucoup pour tout ça ses Gardiens de la galaxie (qui sont parmi les meilleurs films qu'on ait pu avoir dans le MCU justement parce que c'est les rares films d'auteurs de cet univers connecté) et son The Suicide Squad qui nous avaient habitués à des équipes de losers rigolos, des antihéros qui offrent des scènes d'actions juke-box jouissives comme celle de la flèche du personnage de Michael Rooker dans Les gardiens de la galaxie 2 qui est reproduite ici avec le personnage de Mr Terrific, donc on pouvait avoir peur de le voir traiter pour la première fois d'un vrai super héro, et non d'un anti héro.


Mais c'était oublier ce que j'aimais encore plus dans ces films : la sincérité de l'amour communicatif de son auteur envers ces personnages, toujours touchants dans leur connerie, et on sent que Gunn est un énorme fan de All Star Superman et de tout ce que représente son personnage, à savoir son humanisme, sa bienveillance, et sa gentillesse qui le rendent si attachant et qui font que de base, j'adore Superman, loin du monstre de catch énervé qu'en avait fait Snyder.


La vision de Zack était intéressante, je le conçoit (je sais qu'il y a un conflit stupide et inutile entre les 2 versions sur les réseaux), il fallait bien commencer une décennie marquée par la mode importante des super-héros au cinéma en déconstruisant le plus iconique de tous, et en faire une version plus sombre, proche des versions du Batman de Nolan (qui produisait le film et avait lancé le projet sur l'impulsion de Goyer, scénariste de sa trilogie Dark Knight) pour encrer le personnage dans un réel pessimiste, loin justement de l'espoir qu'exprime le héro au slip rouge, en en faisant une fausse figure messianique contestée, violente, crypto fasciste si on est de bonne foi, et qui n'avait au final, rien compris à Superman, et a du sang sur les mains du fait de la représentation inconsciente que beaucoup de "fans" se font désormais du personnage.


Henry Cavill était parfait mais sa direction ne collait pas, parce qu'on a fini par oublier que les super-héros se battent surtout et avant tout pour le peuple, pas entre eux et pour eux-mêmes comme ça a fini par le devenir, on ne voyait plus du tout les conséquences civiles, et on avait fait de Métropolis une arène pour un combat épique à la Dragon Ball Z ou on oubliait de nous montrer les dégâts sur les habitants, ce qui était critiqué dans Batman v Superman sans vraiment le montrer ou nous le faire ressentir, un peu comme voir Alderaan exploser au loin dans Un nouvel espoir sans jamais voir les habitants dessus subir l'attaque pour se rendre compte de ce qu'elle représente.


Donc après cette décennie, il fallait revenir aux sources, et si le Superman de Gunn semble daté et kitsch, il est curieusement rafraichissant dans sa manière de revenir à une production comme on pouvait la faire il y a 20 ans avant la déconstruction du genre : une histoire honnête, un combat entre le bien et le mal, rien de plus, sans avoir à refaire toute l'origin story et la mythologie déjà connue pour la totalité des spectateurs, juste un délire décousu purement comics, sur le super héro aux valeurs les plus claires du genre, la boucle est bouclée, 12 ans après Man of steel.


Voilà donc un David Corenswet lumineux et parfait dans le rôle, se rapprochant bien plus de la version de Christopher Reeve auquel il est rendu hommage jusqu'au thème de John Williams repris plusieurs fois, que de celle d'Henry Cavill, un Superman candide, face à un Lex Luthor ignoble, jamais nuancé mais compréhensible, puisqu'il voit le héro à la cape, comme l'a dit Gunn lui-même, "comme un artiste regarderait une IA générative, quelque chose qui a eu un immense pouvoir gratuitement et sans effort, là où lui a dû tout réfléchir et penser en travaillant pour en arriver à ses fins, et le déteste d'une jalousie justifiée, comme un handicapé regarderait une personne valide".


Les enjeux sont donc un simple conflit entre Luthor et Superman à l'ancienne, avec une destruction de sa réputation pour justifier un acte géopolitique majeur et questionner le respect de la loi pour le méta humain : est-ce qu'un immigrant surpuissant qui aurait pu choisir de dominer l'humanité au lieu de la sauver constamment, devrait agir contre les intérêts interventionnistes de son propre pays, et donc contre la loi de sa nation, pour contrer un état allié dans une invasion coloniale génocidaire, en agissant en son nom, en tout respect du droit international, pour effectuer un acte purement moral ?


La question est, est-ce que la morale et l'héroïsme est forcément au-dessus des lois, quand les lois ne sont pas une question de justice, mais de pouvoir ? La réponse est évidente et a été posée un milliard de fois dans les comics et leurs adaptations, et vous voyez bien que le parallèle avec un conflit très actuel est frontal, ce qui en fait un film anti Israël clair et net, ce qui fait que ces questions restent au final très contemporaines, pour un personnage qui a pratiquement 80 ans.


Il n'y a pas d'objectif clair jusqu'aux 20 dernières minutes reprenant ces enjeux politiques introduits au début du film, qui jusque là, n'est pas non plus du slice of life, mais saute surtout aux yeux pour le fait de voir un super-héros à nouveau sauver des civils, et ne pas se battre pour le spectacle et pour lui comme la version de Snyder, mais à chaque mouvement de kaiju trébuchant vers un immeuble, le repousser pour être sûr qu'il ne blesse personne, jusqu'au moindre chien, au moindre écureuil, le héro bleu et rouge est, à nouveau, un héro du peuple.


Je peux donc vous avouer qu'en tant que fan du personnage, j'ai pu me surprendre à avoir quelques larmes de joies, et d'autres face à une scène finale très émouvante, sur la raison pour laquelle Superman, est devenu aussi humaniste : son éducation, et on espère que ce film éduquera de nouveaux enfants, non pas à vouloir être invincibles et surpuissants comme Snyder l'a fait croire, mais à vouloir tendre la main à son prochain.

Cinecrologie
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le 9 juil. 2025

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