Après avoir été débauché par DC le temps d'un The Suicide Squad peu convainquant, puis être revenu faire ses adieux à Marvel en fanfare avec Guardians of the Galaxy vol.3, James Gunn s'est vu propulsé à la tête de l'ensemble des films DC pour une durée conséquente, avec pour mission de faire oublier les désastres artistiques sans appels du Snyderverse.
Au delà de l'absence totale de qualité des films réalisés par Zack Snyder, le DCEU souffrait avant tout de n'avoir aucune vision d'ensemble, et d'essayer de mixer des univers et éléments si disparates qu'il était impossible de s'investir sur la durée... Ça a pu donner des films interessants, occasionnellement, mais l'absence de cohésion s'est vite fait sentir. Comment imaginer un seul instant que Suicide Squad et The Flash se déroulent dans le même univers ?
La conséquence de ça, c'est qu'il est très difficile d'apprécier cette nouvelle mouture de Superman sans le recul et l'appréciation globale de son apport aux quatre ou cinq films suivants...
Mais en l'état, il s'agit d'un film fortement sympathique. Bien moins dérivatif et rassis que The Suicide Squad, il suscite un intérêt constant, propose sans conteste les meilleurs Lois Lane et Lex Luthor jamais vus sur grand écran, et tricote une panoplie de seconds rôles qu'on aura sans doute loisir de revoir dans les prochains films de ce nouvel univers.
Superman étant très souvent un héros solo, l'introduction de personnages comme The Engineer, ou sa version de Bizarro, ou encore les membres de la Justice Gang, est la bienvenue. C'est là qu'on trouve le vent de fraicheur, la pâte Gunn qui est la bienvenue. Et oui, je compte Krypto comme une addition bénéfique.
Le problème, en contrepartie, c'est que Superman est tellement infaillible, qu'il est difficile de le mettre en danger. Et James Gunn... le met constamment en danger. Contre un mystérieux type en armure, contre un kaiju, contre le plan machiavélique de Lex Luthor, contre sa copine en interview, contre son chien... Superman perd souvent la bataille. C'est une véritable chiffe molle !
Il en résulte un film réussi, qui remplit allègrement son cahier des charges, mais peu excitant. Il n'y a pas franchement de moment où on s'accroche à son siège en serrant les fesses. The Flash d'Andy Muschietti réussissait bien mieux le pari de mélanger plein de héros et vilains dans la mêlée, en conservant le rythme et l'intégrité identitaire des personnages.
Cependant, il y a fort à parier qu'on aura plaisir à retrouver demain les éléments mis en place aujourd'hui, et qu'en cela, le contrat est honoré. Affaire à suivre, Gunn.