James Gunn ressuscite Superman, non pas à travers un spectacle démesuré, mais en lui rendant ce qu’il avait perdu depuis des années : son humanité, sa naïveté, sa bonté. Fini le messie triste et musculeux de Snyder, place à un super-héros solaire, bienveillant, qui croit sincèrement au bien. Oui, le film est kitsch. Oui, il est premier degré. Et c’est exactement ce qu’il fallait.
Visuellement, on navigue entre saturation numérique parfois fatigante et moments d’une beauté old school assumée. L’hommage au Silver Age est frontal : costumes ringards, dialogues explicatifs, éléments absurdes… mais tout est traversé par une sincérité désarmante. Gunn ne cherche pas à déconstruire. Il reconstruit, avec amour, ce qu’on croyait ringard : la gentillesse.
David Corenswet incarne à merveille cette version candide du personnage. Lex Luthor, quant à lui, n’est pas un clown mégalo mais une incarnation très contemporaine de la jalousie rationnelle. Le film ose poser des questions politiques puissantes, en particulier sur la légitimité morale face à la légalité. Un sous-texte géopolitique fort, inattendu, et parfaitement intégré à l’intrigue.
Ce n’est pas un chef-d’œuvre, ce n’est pas un film parfait. Mais c’est un vrai film de super-héros. Un film qui rappelle pourquoi on a aimé ces personnages, avant qu’ils ne deviennent des icônes vides et désincarnées. Superman n’est plus un dieu surpuissant. C’est un homme bon.
Et ça fait un bien fou.