Je ne sais même pas par où commencer, en fait.
Déjà je me demande encore ce qui m'est passé par l'esprit pour que je me retrouve dans une salle diffusant ce film.
Le pire c'est que je sais ce qu'il s'est passé : c'est l'été, les vacances, on a envie d'un petit truc régressif, grand spectacle, pas prise de tête, et puis c'est Superman quand même...
Bah oui, mais justement, en fait. C'est Superman ! J'aurais déjà dû reculer rien qu'à l'énonciation de ce nom ! De tous les super-héros, c'est loin d'être le plus fameux, du coup qu'espérer d'un film qui est littéralement la DIXIÈME adaptation de l'homme qui porte son slip par dessus son pantalon ?!
(Et je suis gentil : je n'ai pas compté les épisodes Justice League où il n'est pas le personnage principal...)
Surtout qu'en plus de ça, on a James Gunn aux manettes... Et ça pique, ça, en fait. Ça pique même très fort.
Dès le premier plan, le massacre est annoncé ! Du texte ! Du putain de TEXTE ! De où tu crois que ton intrigue elle est tellement complexe que ça nécessite de faire défiler une demi-douzaine de paragraphes ? Wow !
Et ça te parle de Boravie, de Slipkistan, de méta-humain, mais rololoh... Là je savais déjà, en fait...
Ou plutôt non, je ne savais encore rien.
(Et c'est ça le pire.)
Dans la foulée de cette intro assommoir, on nous balance là notre homme en slip de telle manière à ce qu'on se rappelle bien qu'on est bien venu voir l'histoire d'un homme en slip, et puis arrive juste après ça Super Médor (je ne rigole pas), puis les super-robots super-bavards de Superman qui vont le guérir au super soleil...
Putain... Cinq minutes de film et je n'en peux déjà plus.
Parce qu'elle est manifestement là, la super idée de cette onzième itération : assumer le ridicule. Et comme à chaque fois, dans ce genre de film, assumer le ridicule ça veut juste dire surjouer sa connerie.
Ça n'arrête jamais. Entre Superman qui roule des mécaniques, Lex Luthor qui est vraiment trop vilain avec son plan complètement teubé, le scénario qui nous explique tellement tout au début que tu sais déjà ce qu'il va nous servir par le menu...
Et il a fallu qu'en plus de ça, James Gunn juge pertinent d'intégrer des scènes de dispute de couple entre Lois et Clark... Je vous laisse imaginer quelle forme ça a pu prendre dans ce film...
J'ai tenu une demi-heure.
Ce film, c'était juste l'enfer. C'est la quintessence de tout ce qui ne va pas dans le blockbuster US – essorage de licence, trame basique, tension zéro, noyade dans une ironie bête, tartinade de SFX numériques hideux – et je n'en reviens en fait toujours pas qu'on puisse s'imaginer – comme j'ai pu imaginer – qu'avec le temps, peut-être, parce que c'est Superman tout de même – on allait peut-être penser à faire les choses autrement du côté d'Hollywood.
Bref, violent, ce rappel vaccinal.