Ecoutez, moi aussi j'ai été déçu de Man of Steel. J'ai détesté Batman v Superman et Justice League (et non le Snyder Cut ne rattrape pas un scénario vide à sa base).
J'ai adoré The Suicide Squad de James Gunn que je considère comme le meilleur film du DCEU. Et malgré que je ne soies pas franchement hilare devant l'humour des Gardiens de la Galaxie, j'apprécie les films et la générosité avec laquelle Gunn tente de divertir son audience.
Alors forcément, quand le bonhomme reprend les rennes du DCU avec la ferme intention de mettre le scénario au centre des projets, de ramener de la positivité et de la couleur dans ces films, j'ai envie d'être de son côté. J'avais envie d'adorer Superman.
Mais voilà, j'ai juste bien aimé.
La promesse est remplie; ramener des personnages et de l'humanité (ainsi que de la cohérence) dans une histoire. David Corenswet et Rachel Brosnahan fonctionnent à merveille tous les deux. Superman est vulnérable, on peut s'identifier à lui mais n'est pas en reste pour les démonstrations de super-force.
Luthor est plus intelligent que la version du Snyderverse et on a même droit à un Mr Terrific qui crève l'écran dans ses scènes, que ce soit par ses pouvoirs ou son agacement permanent.
L'humour, l'action, même parfois l'émotion.. tout est là et je n'ai pas boudé mon plaisir. Tout est là... sauf peut-être ce soupçon de grandeur...
Déjà, pas d'OST. Pas de nouveau thème musical. On nous gratifie de la musique de John Williams jouée à la guitare électrique et de quelques musiques de baston génériques et des morceaux de rock. Et voilà déjà le premier aveu de faiblesse; ce Superman est une piqure de nostalgie feel good, pas une volonté d'affirmer une nouvelle itération du personnage.
Là où Junkie XL et Hans Zimmer se refusaient à affirmer leur thème (à quelques exceptions appréciables), le Superman de Gunn se contente de balancer de la playlist à la manière... de tous les films de super-héros de James Gunn, finalement.
Le propos "politique", bien qu'il marche sur des oeufs, est clairement plus puissant que le pseudo-réalisme-adulte-edgy que Snyder vomissait pour attirer le spectateur n'ayant pas fini sa crise d'ado. Okay au final, les grands méchants prennent une fessée par les gentils et on n'adresse aucun sujhet géopolitique de fond mais, au final, est-ce vraiment surprenant pour un blockbuster de comic-book ?
Non, le vrai problème vient pour moi, du fait que James Gunn se retient d'aller au fond de l'émotion pour ses personnages. On attendait une histoire franche d'un Superman qui adopte un chien; on a juste un Krypto qui débarque pour faire quelques bétises et sauver un peu la mise. Un Lex Luthor complexe, grave, torturé par le manque d'amour et la conviction de faire ce qui est juste pour l'humanité en assouvissant sa haine de Superman, on a une énième parodie de Elon Musk qui se prend sa petite correction pour faire rire le public (qui s'empresse ensuite d'aller donner son argent à Musk en croyant avoir gagné).
Au final, le plaidoyer pour la gentillesse inconditionnelle n'arrive que tard dans le film sousl a forme d'un monologue héroique, bref et timide.
Alors voilà, j'en ressors diverti, amusé mais pas soulevé. Et ma naiveté, mon humanité à moi, c'était de croire que je puisse un jour, être bouleversé par un film Superman. Mais ça ne sera pas pour cette fois-ci.