James Gunn se détourne des tonalités sombres d'un Superman qui se cherche et souhaite rendre hommage à l'inspiration et l'héroïsme que symbolise le personnage, ses racines hautes en couleurs des cases de comics et aussi son manichéisme le plus simpliste. Malgré un angle d'approche novateur en début de film, avec un Superman déjà bien installé à Metropolis, le long-métrage récupère vite les clichés du blockbuster super-héroïque typique. Il faut dire que Gunn le raconte un peu comme ses Gardiens ou sa Suicide Squad et ne peut s'empêcher d'écrire des gogoles monumentaux, posant alors une comédie souvent poussive. Cet aspect guignolesque et kitsch colle parfois à l'esprit cherché mais devient rédhibitoire à d'autres moments. Pareillement sur l'esthétique, Henry Braham rempile avec un style "hyper-réaliste" dans les pas de Flash, et les récents films de Gunn, marqué par des gros plans un peu fisheye avec un énorme piqué et une belle profondeur de champ, et une colorimétrie vibrante. S'il en ressort quelques plans iconiques, la caméra peine à respirer et enchaîne des mouvements étranges et brouillons dans l'action. Certaines séquences tout-CGI ne semblent même pas terminées, à l'instar des climax excessivement numériques et laids dont le réalisateur semble raffoler et bien moins intéressantes que les luttes plus personnelles. C'est dommage avec un antagoniste plus intellectuel comme Luthor, et ce semblant de Watchmen dans le déroulé. Corenswet a quelques bons moments mais en ressort souvent comme un ado frustré, tout comme Hoult qui finit par juste être un gamin colérique. Fillion a une attitude amusante mais ringarde, Gathegi s'impose en Mister Terrific et Merced est tout bonnement inutile. Plusieurs figurants ont aussi bien trop de temps d'écran pour leur apport au film. En dépit du sentiment de vivre une réelle aventure, Gunn ne sait clairement pas équilibrer ses différentes facettes et surcharge sa production qui n'est pas forcément adaptée à ce héros - plus pour un Deadpool. Ce n'est clairement pas le renouveau escompté tant cela emprunte les schémas des 13 dernières années, et ce Superman est encore à mille lieues de son adaptation classique de la série animée de 1996.