Plus de dix ans après «Man of Steel», DC relance «Superman» avec cette fois James Gunn à la réalisation. Au moment où la plupart des aventures de super-héros déçoivent au box-office (et/ou artistiquement), ce re-re-re-reboot est-il capable de sortir le studio de cette boucle infernale ?
Sur le plan du pur divertissement fun pour un kid de 12 ans, «Superman» fait le boulot : sa photographie est flamboyante, les méchants se prennent des raclées d’enfer sans jamais mourir, le spectacle est ultra-rythmé, le film explore tout le cercle chromatique en mode option électrique, il y a un Kaijus rigolo, la tension est toujours légère et la pellicule aligne plusieurs super-héros/super-vilains,... Pour les autres...
Voilà, le “Superman” de James Gunn est un parc d’attractions (ou un beau bordel comme vous voulez) où tout est clinquant, où on passe tout à toute vitesse... ça va très vite, trop vite... On a comme l’impression d’être sur un grand huit Tik-Tokien, un film sous algorythmes du contrôle de l’attention, considérant cette tention comme une ressource rare et une marchandise négociable... Vous savez quand vous aimeriez prendre un peu votre temps pour digérer le propos de telle vidéo sur votre portable, mais qu’on vous balance trois autres reels pour enchaîner sans réfléchir, bah là c’est la même chose...
De fait, certains personnages rayonnent par leur inutilité, les pauvres sont juste catapultés en cascade sur le terrain de jeu (mention spéciale à molécules-man)... Evidemment, quand on maltraite ses personnages la puissance émotionnelle en prend un sacré coup.
En fait rien ne va (ou pas grand chose) :
- Certains concepts surnagent complètement. Il faut voir les références politiques maladroites et son Ukraine (ou Gaza) à 300 figurants...
- Les méchants ne sont jamais effrayants, au mieux il sont ridicules.
- La bande sonore est sans ampleur, bien trop discrète. La prod sous-utilise le thème pourtant mythique de Sir Williams !
- Je reste frappé par le déficit général d’émotions (zéro instants stressants ou épiques, zéro drama palpitant,...). C’est plutôt cul-cul, nian-nian... L’histoire d’amour est d’une pauvreté absolue, nous restons insensibles à leurs étreintes. Le traitement des parents Kent est particulièrement amoindri face au Snyder.
- Les bastons sont lourdingues, pataudes, mal orchestrées,... Mais surtout complètement desservies par des images de synthèse désespérément moches... Hey les gars, jettez un coup d’oeil à la nouvelle bande-annonce de James Cameron (ou revoyez Avatar) et mettez vous au niveau diable !
- La production design est très mauvaise. La plupart des décors intérieurs ne sont pas crédibles (Aaaaah cette chambre d’enfant de Clark Kent, arf...). Le reste ? Une recyclerie peu inspirée de fourre-tout tape-à-l’œil de très mauvais goût et superficiel.
Mr Richard Donner, sortez de votre tombe et refaite nous croire qu’un acteur en slip rouge peut réellement voler !