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« Mais vous êtes fous ! » a plaisanté le réalisateur Nicolas Philibert quand on lui a remis l’Ours d’Or à la dernière Berlinale. Force est de constater qu’en récompensant cette œuvre sensible, poétique et politique, le jury ne s’est pas trompé.
Je ne connais pas Fernand Deligny. Dès lors, j’ai été passablement intrigué lorsque Sur l’Adamant s’ouvre sur une de ses citations, dans laquelle il est question de laisser entrer la lumière à travers les interstices. Je conseille à tout lecteur intéressé par le dernier lauréat du festival du film de Berlin à se laisser surprendre, comme je l’ai été, en évitant de lire les lignes suivantes de cette critique avant de voir ce magnifique documentaire.
La « lumière » dont il est question, c’est celle qui pénètre dans l’Adamant, une péniche à l’architecture singulière, amarrée quelque part dans le douzième arrondissement de Paris. Chaque matin, un impressionnant dispositif de volets mobiles permet à la lumière du jour d’envahir ce centre qui accueille les patients d’un hôpital psychiatrique. Mais ce contexte, Nicolas Philibert le documentariste qui s’était fait connaître auprès du grand public avec Être et avoir en 2002, ne l’annonce que dans le carton qui clôt le film. Il préfère filmer les activités et les personnages gravitant sur l’Adamant sans expliciter les objectifs de ce lieu surprenant. Et il a totalement raison, car ainsi le spectateur s’affranchit plus facilement du cadre de pensée lié à l’évocation des troubles psychiques. Philibert donne la parole et laisse la place à ces personnes que la société aime tant interner, ne pas écouter ni regarder en face.
Si le film n’échappe pas à quelques baisses de rythme et répétitions, il touche à chaque fois au sublime quand il s’attarde sur l’expression artistique de ces patients, véritable alternative aux codes sociaux standards pour communiquer toute leur sensibilité, leur intelligence et leur beauté. Qu’elles soient musicales ou picturales, les performances de ces sacrées vedettes nous illuminent, nous touchent et nous stimulent comme jamais. On les regarderait et les écouterait pendant des heures.
Après une brève recherche sur internet, j’apprends que Fernand Deligny est un éducateur spécialisé engagé contre l’encastrement institutionnel. En ressortant de Sur l’Adamant, on a effectivement de clamer Just Open the Doors, qui est également le titre d’une chanson composée par un des protagonistes du film dans laquelle il raconte son entrée en communication avec Jim Morrison.
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Créée
le 24 mars 2023
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