Soutenu et présenté à Cannes par l'ACID, ce film est l'aboutissement d'un long projet coordonné par Cinéma 93, une association qui organise des résidences de cinéastes en Seine-St-Denis depuis 20 ans. Avec celle d'Olivier Babinet au collège Debussy d'Aulnay-sous-bois, une profonde alchimie est née entre le septième art et ces comédiens improvisés. Car Swagger, c'est avant tout le fruit d'une rencontre entre un réalisateur et des jeunes -Régis, Salimata, Mariyama, Aïssatou, Abou, Aaron, Nazario, Paul et Naïla- qui refusent de s'auto-censurer. En plan rapproché, les ados se livrent, se donnent en spectacle, s'amusent, s'expriment. Surtout, ils se voient, s'écoutent et se font entendre. C'est à mon sens ce qui fait la force du projet. Devant tant de spontanéité et de sincérité, comment ne pas s'attacher à ces gamins ? Leur parole n'est pas la seule qualité du film : ériger l'art du swag à l'écran demande une esthétique bien travaillée. Même si les surprenants plans d'animaux ou de drones en bousculent légèrement l'homogénéité, l'image reste impeccable. La confiance instaurée par le réalisateur et le talent si naturel de ces jeunes pour la comédie permettent des passages mémorables : l'énorme spoil des Feux de l'amour, le rock du parapluie et les scènes de Naïla sont ceux que je retiens. D'ailleurs rien que pour découvrir ce brin de jeune fille, ça vaut le coup d'aller le voir.