Un polar d'une linéarité sans faille trop édulcoré et coloré.
Deux années après sa consécration avec la réalisation de Braquo en binôme avec Olivier Marchal, Frédéric Schoendoerffer revient avec Switch, un polar à la française tout ce qu'il y a de plus banal avec ce coup monté gros comme une maison.
Alors oui le scénario est conventionnel et téléphoné à des kilomètres mais là où certains réalisateurs (on pense notamment à Mathieu Kassovitz ou Nicolas Boukhrief) s'en seraient très bien sortis, Frédéric Schoendoerffer plonge tête baissé dans une banalité quasi soporifique qui aurait eu raison de notre patience si certaines séquences plutôt bien rythmées n'étaient pas là pour nous sortir l'espace de quelques secondes de cet endormissement lent mais inévitable.
En réalité, ce qui dérange le plus avec Switch c'est cet atroce sentiment de l'avoir vu et revu des dizaines de fois. Le réalisateur n'arrive jamais à sortir des sentiers battus et ce n'est certainement pas la mise en scène soit saccadée soit mollassonne, ni le casting loin d'être crédible (mention spéciale pour un Eric Cantona tout en grimace forcée et grognements préhistoriques) qui parviendront à nous effacer cette idée de la tête.
En découle un polar français bas de gamme d'une linéarité sans faille trop édulcoré et coloré pour nous fournir notre dose d'adrénaline quotidienne. Une intrigue plus sombre, une réalisation plus nerveuse et un casting plus proche de la réalité auraient sans doute permis un tout autre spectacle.