Comédie Helvétique, tradition Valaisanne. Tambour battant met en exergue une spécificité locale basée sur l'amour des autochtones pour la musique matérialisée en fanfares. Certains villages déployaient deux et parfois trois orchestres de cuivre. Ceux-ci étaient (et sont toujours) autant d'émanation des partis politiques. Leur organisation pimentait la vie du bled et permettait à l'âme humaine d'exercer son esprit de tribu de manière ludique et sympathique. Le Valais est latin. Ces habitants sont aussi proches de l'Italie par leur mentalité et leurs mœurs que du sud de la France.
Sur ce terreau fertile, le réalisateur nous emmène à Saillon (Mouchoux dans le film) joli bourg médiéval, en 1970, lorsque le peule masculin donne le droit de vote cantonal à l'autre moitié cantonnée de l'humanité, une année avant son extension au plan fédéral.
Les éléments pour concocter une "comédie drôle et émouvante" sont bien trouvés.
L'ensemble est plutôt efficace, enlevé et le casting n'est pas mauvais. L'accent local ressort de temps en temps, et ce dosage entre phrasé standard et régional n'est pas si mal au bout du compte.
Le problème est ailleurs. Ce qui commence en comédie, continue en burlesque. Les dialogues sont souvent bâclés ou mal écrits, les situations et personnages caricaturaux. Le burlesque finit en grotesque où le trait par manque d'inspiration est trop appuyé. Le rire devient forcé. Un minimum de finesse et d'épaisseur psychologique nous auraient autorisé à croire un peu à l'émotion finale basée sur des ressorts déjà vus ailleurs en mieux.
De plus on ne peut s'empêcher de penser à "l'Ordre divin" https://www.senscritique.com/film/Les_Conquerantes/24977874 qui parlait de l'émancipation des femmes et de la votation fédérale de 71. Oeuvre réussie et qui avait trouvé son public.
La comparaison confirme que les deux films ne concourent pas dans la même catégorie.
(Vu en avant première à Sion le 5 juin, en présence du réalisateur, des acteurs et figurants).