The Big short se situe entre Le Loup de Wall Street et Margin Call : moins démesuré et baroque que le premier, et moins policé et clinique que le second. La force du film d’Adam McKay réside dans son ambiguïté morale, qu’il cultive tout au long du film. Sans faire de grandes révélations, il montre à sa manière comment des financiers malins, à défaut de se faire entendre par le système, vont parier contre lui et gagner. Et pour certains, ils ne sont pas sans scrupules (la scène chez le journaliste), mais personne ne veut croire à leur prédiction, car elle remet en cause le mode de vie américain.
Le film est donc une bonne surprise dans son traitement original de la crise. Le montage et les interventions d’acteurs pour expliquer la finance sont quelques peu anecdotiques, comme le fait de briser régulièrement le 4ème mur, mais cela ne nuit pas à l’expérience globale du film.
On retient également la performance géniale de Steve Carell, qui domine largement les autres.