The Bride!
5.2
The Bride!

Film de Maggie Gyllenhaal (2026)

Au sortir de notre séance de « The Bride ! », le constat sera celui d’une amertume en bouche, car il faudra se rendre à l’évidence : celle de faire le deuil d’un grand film loupé.

J’y croyais fermement, je l’attendais avec une impatiente curiosité cette « Fiancée », malheureusement le plat ne m’aura pas été à la hauteur du service.


Je pèse mes mots et pense sincèrement ce que j’affirme en ces lignes : nous tenions quelque chose de grand, nous étions proche d’une réalisation cinématographique qui arborait à mes yeux toutes les belles parures d’un nouveau chef d’œuvre qui aurait été une nouvelle référence dans le cinéma de monstres.

Pourtant, ce grand chef d’œuvre en restera à de l’encre sur le papier, des bonnes intentions sur une page Word ou simplement des ambitions lointaines.

J’attendais ce film au point de choisir de le voir lui en premier plutôt que Jumpers….qu’un Pixar ! C’est pour vous dire ^^.

Mais que s’est-il passé pour expliquer une telle désillusion ?

J’ai pas mal d’idées sur la question.

Il est drôle que « The Bride » parle de cadavres monstrueux capables de conscience et de mouvement…le produit semblant être sur le plan de la métaphore filée et de la comparaison à l’image de son héroïne freak mal assemblée.


Nous sommes non seulement d’un film de monstre, mais d’un film MONSTRE en lui-même.

Qu’entends je par-là ? Tout simplement que le film de la frangine Gyllenhaal ressemble à un freak chaotique de morceaux de genres cinématographiques mal tissés et racolés entre eux, pour un résultat difforme.

Le film a dans sa forme et dans son fond une disgrâce renvoyant au physique du couple Frankenstein. Sans connaître l’histoire de la production du projet, de son point de départ jusqu’au produit fini, je suis prêt à mettre ma main à couper que le film a été complètement balloté et saccagé par un conflit de visions entre la réalisatrice et les producteurs. On sent constamment les traces de disputes tant les ruptures sortent de nul part, que ça soit celles de genres, de sous textes voir même au niveau de la caméra.


Comme bien souligné dès le départ, « The Bride » a/avait beaucoup de très bons ingrédients, mais au fur et à mesure du visionnage, l’impression de gêne du spectateur ne disparaitra pas, pire, elle s’intensifiera.

Je saluerais toujours la prise de risque et la recherche de renouveau esthétique de la part d’Hollywood, surtout à cette époque ou il est devenu monnaie courante depuis bien longtemps de dépoussiérer les antiquités, trop souvent pour se satisfaire de remakes propres et convenus. En cela, cette « Fiancée de Frankenstein » part gagnante. Si les réinterprétations filmiques du monstre de Frankenstein au masculin n’ont jamais cessées de ponctuer les décennies Hollywoodiennes, celles de son alter égo féminin ont été bien moins récurrente. Voir donc une femme s’emparer de la figure mythique de l’excellent film de James Whale (1935), en optant pour une transposition dans le registre Film Noir des années 1930, avec un luxueux gratin d’acteurs et les moyens techniques d’aujourd’hui…que pouvait il mal se passer pensions nous ??


C’est hélas tout le problème. Oui l’originalité et la transposition donnent une esthétique visuelle séduisante, mais le film veut trop en mettre. « La Fiancée » flirte avec tellement d’éléments de genres différents qu’au final, elle tombe dans le « TROP », trop de tout. Trop d’esthétiques et de registres différents, entre le film de Monstre, le film de gangster typé début Nouvel Hollywood à la « Bonnie & Clyde », la comédie romantique avec supplément de musical, le film social à la « Joker »….QUI est la Fiancée (le film) au final ?? Voilà pourquoi je soutien l’idée d’un conflit réalisateur/producteur, et qui expliquerais bien le bazar. On ne sait pas sur quel pied danser, on est largués, et si l’on ne passe pas forcément un mauvais moment, c’est parce que (dans mon cas du moins) on sent que le film veut bien faire.

Un Colosse d’argile qui croule sous son propre poids, qui regorge d’idées, balance plein de pistes de péripéties pour donner du rythme et étoffer la mythologie de ses personnages, mais le résultat n’est pas harmonieux.


C’est rageant ; là ou un Del Toro avec son Frankenstein, perdait des points dans la non recherche de nouveauté (aucune différence avec celui de Branagh en 1994, ce qui n’est pas une comparaison péjorative mais avec toute la fantaisie gothique que l’on connaît de l’ami Guillermo, faire juste « bien » est insuffisant), Maggie Gyllenhaal se perd dans une quête excessive de son propre style. La structure est fragile, les ruptures souvent brutales laissent bien plus la désagréable sensation d’absence de cohérence rythmique plutôt que celle d’une impression de maîtrise. L’histoire paraît avancer sans but, sans point d’arrivée clairement établie, du coup les éléments des films de gangsters, les séquences danse/chant ont un goût de séquence de remplissage bouche trous.


Au niveau des acteurs, si Jessie Buckley arrive très bien à nous sortir une performance « Harley Quinnienne » électrique, Christian Bale n’a pour lui qu’un maquillage réussi car son Frankenstein pataud et peu loquace rejoindra vite le Gorr de « Thor : Love & Thunder », c’est-à-dire un gâchis pour un acteur si talentueux. L’autre assez gros gâchis s’avère être le personnage de Pénélope Cruz dont l’arc de développement de son personnage est relégué au second plan alors qu’il y avait matière à la connecter bien plus à l’héroïne.


The Bride ! aurait pu être, sous ses airs de film de monstre dans le New York de l’entre 2 guerres mondiales, une puissante satire, avoir pour lui une grosse dimension profonde et symbolique via la figure du Freak.


The Bride ! aurait pu être une histoire d’amour vraiment déchirante si la mise en scène, par la caméra avait su capturer cette histoire d’amour impossible, nourrissant le mythe d’un important répertoire d’idées tirées de la longue liste des comédies romantiques/musicales de l’âge d’or du cinéma en noir et blanc.


The Bride ! aurait pu être un excellent film d’horreur, même sanglant s’il avait concentré tout ses moyens sur la psychologie dérangée et la nature violente de son héroïne, avec en prime une touche grâcieuse de girl power.



Mais le bilan est là, « La Fiancée » de Maggie Gyllenhaal n’est finalement qu’un cadavre boiteux, un bricolage maladroit de pièces détachées mal connectées entre elles. Si le film est mauvais, il faut le voir à la façon « regret ». On se satisfera des miettes de festin qui nous seront données ou qu’il faudra chercher dans cette décharge à idées. Ce film devrait à mon sens servir d’exemple pour illustrer ce qu’est un exercice de style raté, où l’originalité et les grandes ambitions sincères sont sans cesse avortées par une indécision maladroite.




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le 6 mars 2026

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L_Otaku_Sensei

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