The Bride fait partie de ces petits projets un peu clivants : on adhère ou non dès l’introduction, notamment avec cette manière assez frontale de briser le quatrième mur.
Le film aborde clairement la question de l’émancipation féminine. On pourrait presque le qualifier de « Joker féminin », dans le sens où il suit la trajectoire d’un personnage marginalisé qui se réapproprie son identité face à une société oppressive. En reprenant l’histoire de la fiancée de Frankenstein, le film cherche à dénoncer le patriarcat et à mettre en lumière les abus de pouvoir masculins, le tout dans une Amérique des années 30 encore profondément conservatrice.
La réalisation fonctionne globalement bien. On sent des influences évidentes comme Joker, Thelma & Louise ou encore Bonnie and Clyde. Ce mélange donne une œuvre à la fois revendicative et tragique. Le choix d’intituler le film simplement The Bride (et non The Bride of…) renforce d’ailleurs symboliquement cette volonté d’indépendance : elle existe par elle-même, et non en tant qu’extension d’un homme.
Les acteurs sont très convaincants et portent efficacement le propos. En revanche, la musique, sans être mauvaise, manque d’identité et ne laisse pas une impression durable.
La première moitié du film est sans doute la plus réussie : le message est clair, les performances solides et la mise en scène appuie intelligemment le propos. En revanche, le dernier quart d’heure donne l’impression de répéter les mêmes idées, en s’enfermant dans une dimension plus mélodramatique. Le récit glisse alors vers des clichés presque manichéens et une dynamique amoureuse qui rappelle Romeo and Juliet. Ce choix affaiblit quelque peu le discours sur l’indépendance féminine, notamment lorsque l’héroïne semble finalement définir son existence à travers son rapport à l’homme.
Au final, le film mérite une bonne note car l’ensemble fonctionne et l’idée reste originale. Toutefois, son ambition thématique est parfois desservie par un traitement un peu appuyé et une conclusion moins subtile que ce que laissait espérer son début prometteur.