The Bride!
5.2
The Bride!

Film de Maggie Gyllenhaal (2026)

The Bride ! : en pièces détachées

The Bride ! s’offre d’abord au spectateur comme un film de possession. Surgissant de l’au-delà, Mary Shelley (Jessie Buckley) s’empare du corps et de l’esprit d’Ida (la même Jessie Buckley) afin d’achever dans la réalité du film son projet littéraire avorté – soit La Fiancée de Frankenstein. La séquence fait naître le début d’un commentaire sur la persistance d’une création, fût-elle empêchée par la mort de son créateur, tandis que la possédée se contorsionne et éructe des propos incohérents et accusateurs à l’encontre d’un parrain de la pègre locale, spectateur de la scène. Mais Ida, par sa mort scénaristiquement aussi attendue que ridiculement banale, cède sa place à l’écran au monstre de Frankenstein (Christian Bale). En quête d’une âme sœur, le dénommé Frank débarque à Chicago, au cabinet du Dr. Cornelia Euphronius (Annette Bening), seule scientifique capable de lui fournir la compagne idéale. Le film se recentre alors sur la mélancolie du Monstre, que les musicals de Ronnie Reed (Jake Gyllenhaal) constituent le seul remède. Belle idée d’ailleurs que de figurer le cinéma comme antidote à la solitude existentielle. Mais l’heure est désormais à la résurrection d’Ida.


Si le sujet de The Bride ! est la confusion identitaire dont souffre la fameuse Fiancée (est-elle Mary Shelley ? Ida? Ou sa version monstrueuse ?), sa forme, en revanche, imite celle de la créature littéraire de Mary Shelley. La scénariste et réalisatrice Maggie Gyllenhaal assemble ici des inspirations narratives, esthétiques et discursives disparates. À l’écran, se succèdent alors un numéro de musical plutôt inspiré, une vaine intrigue de film noir, des poncifs féministes (« Me too ! Me too ! » hurle La Fiancée lors du climax) et une réflexion convenue sur la monstruosité, le tout dans une ambiance de midnight movie punk à 80 millions de dollars. Mais la greffe ne prend pas. Il n’y a ni rupture de ton, ni continuité narrative ; juste un amas d’intentions. Un film monstrueux, assurément.

2flicsamiami
3
Écrit par

Créée

il y a 5 heures

2flicsamiami

Écrit par

D'autres avis sur The Bride!

The Bride!

The Bride!

3

Sergent_Pepper

3192 critiques

The Dark Bride of the Toon

On pourrait penser que la littérature gothique britannique a le vent en poupe ces derniers temps dans le cinéma mainstream américain, quand on voit The Bride ! succéder au Frankenstein de del Toro et...

le 7 mars 2026

The Bride!

The Bride!

2

La-derniere-seance

195 critiques

Quand Barbie rencontre Frankenstein

Il y a des projets qui sentent la naphtaline avant même d'avoir quitté la boîte de production. The Bride en est le parfait specimen : un Frankenstein décharné qui traîne sa carcasse entre le clip...

le 4 mars 2026

The Bride!

The Bride!

2

Le_Videoclub_

327 critiques

Bride and Prejudice

J'en ai vu des films ratés. Mais alors des catastrophes industrielles comme ça, je suis pas certain. Il faut savoir que le film est bouclé depuis plus d'un an, mais que Warner ne savait...

le 5 mars 2026

Du même critique

Irréductible

Irréductible

7

2flicsamiami

318 critiques

Critique de Irréductible par 2flicsamiami

IRRÉDUCTIBLE fait office de bouffée d’oxygène au sein de la comédie française. Pas de personnages débiles. Pas de gag tarte à la crème. Pas de romance sirupeuse. Aucune sensation d’être pris en otage...

le 6 févr. 2022

Monkey Man

Monkey Man

7

2flicsamiami

318 critiques

Une bonne Patel dans la g*****

Bien que vendu comme un succédané de John Wick auquel il paie par ailleurs son tribut au détours de quelques scènes, Monkey Man n'est pas une production qui joue la carte de la facilité, Dev Patel en...

le 23 avr. 2024

Deadpool & Wolverine

Deadpool & Wolverine

3

2flicsamiami

318 critiques

Dégénérescence programmée

En bon anti-héros méta, Deadpool se devait d'être l’empêcheur de produire en rond de l’usine à super-héros : mettre en évidence les rouages du système et s’en moquer, avant d’en briser les codes dans...

le 25 juil. 2024