Papa Spielberg est vraiment un papa extrêmement pervers : que croit-on qu'il puisse bien se passer, lorsqu'un jeune émerveillé assistera à ça [la scène du tournage de Sammy : https://www.youtube.com/watch?v=3RO8XCjDaNY ] ? Papa Spielberg raconte, il se souvient de ses premières réalisations, avec nostalgie : il était ado alors – comme toi, jeune ! –, et il était passionné – comme toi, jeune ! –, et il mettait à exécution sa passion, en se débrouillant comme il pouvait. À ton tour, jeune ! – Oui, mais les productions du "jeune" Spielberg sont déjà des superproductions hollywoodiennes ! avec pyrotechnies, figurants, décors grandioses, costumes, accessoires… Est-ce que le jeune a tout ça à sa disposition, lui ? Non, guère plus qu’un iPhone, voire un vieux Smartphone ; quelques copains, à tout casser ; et puis que des décors grisâtres, qui n'évoquent aucunement le Far West ou la conquête spatiale ou le Mordor ! décors trop nuls, à mille lieux de quelque imaginaire que ce soit… Et ses copains jouent mal, et le “scénario” ne tient pas ; et lui ne sait pas cadrer, ni monter (les images bougent, il n’y a aucun rythme)… Quelle déception, quelle désillusion, quand on compare avec ce que papa Spielberg arrivait à faire, lui, au même âge (l’accident de train !!!) ! Il faisait de si belles images ; il émerveillait sa maman… ah là là, lui, le jeune, il n’arrivera jamais à rien…


C’est vérifiable : les enfants de Steven Spielberg ne sont pas des hommes mûrs capables de prendre en charge un héritage et l’actualiser avec un certain sens des responsabilités ; ce sont d’éternels ados terrorisés à l’idée même qu’un jour papa Spielberg mourra et les abandonnera… – improductifs, ainsi, ne s’emparant de rien, lâchant tout, s’observant vieillir sans comprendre…


Papa Spielberg est vraiment le pire père symbolique qui soit : il piège sa progéniture dans le “double bind” suivant : fais comme moi – tu n’y arriveras jamais ; ce qui revient à dire : reste le même – un enfant, incapable de rien. Il façonne un rêve SCIEMMENT inaccessible ; il promet son amour à qui consent à ne jamais sortir de la frustration dans laquelle il l’aura plongé ; mieux : à qui consent à ce qu’il (papa Spielberg) vive éternellement, ne meure jamais (au sens où Freud dit qu’un Père doit mourir). Le jeune stagne dans cette frustration, refusant le passage à l’acte (c’est-à-dire le meurtre symbolique du Père) ; il rêve, comme rêvent les frustrés – mauvais rêves, à refaire, éternellement...

Créée

le 23 déc. 2025

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