8
3192 critiques
The Dig Picture
Parce qu’il est considéré en Europe comme un auteur, et que son génie visuel a frappé dès ses premiers films, la critique a rapidement cherché dans le cinéma de Steven Spielberg, spectaculaire et...
le 22 févr. 2023
À travers Sammy Fabelman, double du cinéaste, The Fabelmans ne se contente pas de raconter la naissance d’une vocation après la vision de The Greatest Show on Earth ; il met en scène les conditions matérielles et affectives de cette naissance. La réalisation, d’une sobriété calculée, privilégie des cadres stables, une lumière naturaliste et un découpage classique qui déplacent l’attention vers l'être plutôt que vers la virtuosité. L’art n’apparaît pas comme une échappatoire au désordre familial mais comme une tentative de lui donner forme.
Cette articulation entre regard et vérité trouve son point nodal dans la séquence du montage du film de vacances : par le simple agencement des plans, Sammy découvre la liaison maternelle qu’il ne voulait pas voir. Le dispositif est limpide (champ, contrechamp, insert) mais il fait basculer la fonction de l’image. Le cinéma s’y affirme comme un outil à double tranchant, producteur de sens autant que de fracture. Plus tôt, la reconstitution miniature de l’accident de train rejoue le trauma initial et montre déjà comment la mise en scène permet de maîtriser la peur en la répétant. Plus tard, la séquence du bal prolonge cette logique : par le montage et la variation des focales, Sammy redistribue les hiérarchies symboliques, magnifie un bourreau, se moque d'un autre visage, et démontre que cadrer revient toujours à orienter le monde. Chaque décision formelle engage ainsi une responsabilité.
La rencontre finale avec John Ford vient théoriser ce parcours en quelques lignes de fuite et une ligne d’horizon déplacée : le regard n’a rien de spontané, il s’apprend, se règle, s’oriente et engage celui qui le porte. Le cinéma n’y est ni sanctuaire ni rédemption. Il reste une puissance ambivalente, capable d’ordonner le chaos tout en révélant ce qu’il fragilise. L’autoportrait qui se dessine est dès lors moins nostalgique que lucide : filmer, c’est toujours risquer de toucher à ce qui peut se briser.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Top 20 - Films 2023
Créée
le 23 févr. 2026
Critique lue 11 fois
8
3192 critiques
Parce qu’il est considéré en Europe comme un auteur, et que son génie visuel a frappé dès ses premiers films, la critique a rapidement cherché dans le cinéma de Steven Spielberg, spectaculaire et...
le 22 févr. 2023
3
2572 critiques
Je sais que tout le monde se touche la nouille sur ce truc, mais moi je peux pas... C'est quoi cette merde ? De toute la tétrachiée de films nostalgique sur l'enfance de "grands" réalisateurs qu'on a...
le 16 déc. 2022
9
1495 critiques
C'est tendance de conchier Spielberg. Cela fait genre cinéphile. Parce que le gars est déclaré pachydermique dès lors qu'il verse dans le drame. Ou encore qu'il est au mieux manichéen, au pire...
le 23 févr. 2023
3
1113 critiques
Présenté en compétition à Cannes 2025, The Mastermind marque le retour de Kelly Reichardt après showing up. Avec Josh O’Connor dans le rôle central, le film se glisse dans les plis du « heist movie...
le 10 sept. 2025
7
1113 critiques
Dans l’écrin chromatique du pays d’Oz, Wicked déploie un tableau où le familier et la ré-inventivité se répondent. Les palais scintillent d’émeraude, les prairies s'étendent, et les costumes...
le 1 déc. 2024
3
1113 critiques
Dans "Jouer avec le feu" , Pierre, cheminot veuf, n’a que ses mains pour travailler, que ses principes pour tenir debout. Il a élevé ses fils dans l’idée d’un monde juste, où la lutte ouvrière et la...
le 31 janv. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème