J'ai vu The Human Centipede 1 lorsque j'étais en 3ème, que j'avais bien aimé et qui m'avai bien derangé à l'époque. Puis le deuxième volet. Mais je suis pas allé jusqu'au troisième. Le deuxième film en noir et blanc ne m'avait pas tellement convaincu, surtout à cause du noir et blanc en fait. Je l'ai revu en couleur et c'est, selon moi, beaucoup plus efficace. Ce n'était pas un mauvais choix en soit de le faire en N&B, c'est juste que je préfère les films en couleur, tout simplement.
Mais bref, nous ne sommes pas là pour parler du 2, mais du 3.
Premièrement , ce filtre jaune "désert" tout le long du film ca finit par être insupportable. Tout le film est jaune. Et parfois un peu moins de jaune c'est bien aussi. En fait, je n'aurais pas du tout mentionné ce détail si le reste du film était suffisamment intéressant pour détourner mon attention de cet élément !
Nous sommes donc dans une prison du Texas, où les détenus y sont particulièrement violents. Mais pas plus que le directeur de la prison, joué par Dieter Laser, qui jouait également de Dr Heiter dans le premier film. On retrouve également avec plaisir Laurence R. Harvey, notre déséquilibré du second volet, dans un rôle très différent. Deux acteurs des deux volets précédents réunis pour the final sequence. Ah oui, là on parle, là on s'attend à du malsain, du gore, de l'immoral ! Et je ne peux pas dire qu'il n'y en a pas, mais...
Mais où est donc le mille-pattes ?
Tout le long du film, nous suivons le personnage de Dieter Laser, un directeur tyrannique et sadique et qui devrait plutôt être enfermé. On le suit faire des petites tortures par-ci par-là, des allusions sexuelles, quelques répliques bien placées. J'ai regardé le film sans sous-titres alors il est parfois compliqué de bien tout saisir mais bon, rien de bien embêtant. C'est clairement lui qui est au centre du film, et c'est vrai qu'il est très crédible dans ce rôle. Mais à un moment à force de l'entendre hurler, on fait comme avec le filtre jaune: on sature. Mais je sais bien que ça fait parti du comique. C'est lui qui porte le film, clairement, puisqu'il n'y a rien d'autres pour le porter.
Bien sûr, en commençant le film, on sait que nous allons retrouver notre mille-pattes. On attend au début, lorsque Dwight présente l'idée. On l'attend au milieu, lorsqu'on commence à s'ennuyer mais qu'on s'accroche. On n'ose plus l'attendre à la fin, quand il arrive et qu'on en voit pas assez. L'idée de la chenille aurait été ultra exploitable pourtant avec un potentiel de dégeulasserie énorme.
Alors que les deux autres volets nous montraient la confection du mille-pattes, nous ne voyons rien. C'était pourtant LE concept vendeur du film, non ? Le titre même. Alors selon moi, il mérite plus que 10 pauvres minutes à la fin. Donc le film passe à côté de son sujet. On a quand même quelques scènes efficaces, certes, mais qui auraient pu se retrouver dans n'importe quel autre film gore. Le mille-pattes, lui, nous ne le trouvons que dans ce film là et il est relégué au second plan. Au troisième plan même.
Il y a quand même des points positifs: le film se fout de lui-même, il est drôle, il ne se prend pas au sérieux et on voit que les acteurs s'éclatent dans leurs rôles. Et l'apparition de Tom Six lui-même, fidèle à son style habituel, est une bonne surprise !! Des répliques efficaces, cyniques, drôles, elles participent à faire du film un moment supportable.
On finit le film en se disant qu'il représente bien les Etats-Unis aujourd'hui. Je suis sûr que Trump aimerait beaucoup l'idée, ne lui montrez pas ce film.
Mais surtout, on finit le film en se disant qu'on a bien perdu notre temps. Si le premier et le deuxième film sont à voir, celui-là ne l'est pas forcément. Il n'y aura pas de suite, c'est dommage après nous avoir donné un aperçu bien trop court de cette chenille !