The insider est autant sympa que vide et dépourvu de contenu. Sous ses aspects de vrai film d'espionnage, avec satellites, opérations secrètes et charabia de circonstance, il est davantage une farce rondement menée. Rien n'est vraiment crédible, et il ne faut pas y chercher une once de vérité documentaire.
En dépit que le protagoniste principal serait - parait-il - inspiré d'un agent réel, les personnages sont davantage des caricatures d'espions tels que déjà représentés dans d'autres films ou livres. Ainsi celui de Michael Fassbender fait largement penser à George Smiley, le personnage de John Le Carré, et encore plus à ce qu'en avait fait Gary Oldman dans La Taupe. Les seules présences de Pierce Brosnan et de la Moneypenny, époque Daniel Craig, évoquent immanquablement James Bond. Et pour le reste, on oscille entre des personnages et un ton sortis d'un bouquin d'Elmore Leonard ou des films qu'ils ont inspiré, façon Get shorty ou Be cool... Autant dire que la vraisemblance n'est pas l'objectif du film à l'image de ces espions ayant les fringues, la maison et le rythme de vie d'un patron du CAC 40.
Tout n'étant que superficiel, le scénario donne fatalement une impression de vide, faussement alambiqué car l'essentiel n'est pas là. Sous des airs de film d'espionnage, on vire ici facilement dans le registre comique. Et sur ce point, le film est très agréable. Le ton pince-sans-rire fait mouche, et certaines scènes sont objectivement marrantes. Mais bien que The insider soit très sympathique, il s'oublie aussi vite qu'il n'est vu, tant il n'a rien à dire, et vu qu'il n'est en définitive qu'un exercice de style plutôt réussi.