Nouveau film de Kelly Reichardt, réalisatrice de First Cow, Certain Women, Showing Up… The Mastermind raconte l’histoire d’un père de famille, loser totalement paumé dans les années 70 aux États-Unis, qui ne travaille pas, ne veut pas travailler et qui a une idée pour se faire de l’argent facilement : braquer un musée. Évidemment, ça ne va pas être aussi simple qu’il l’espérait.
J’ai vu tous les films de Kelly Reichardt et j’aime beaucoup son cinéma, même si j’avoue avoir piqué du nez plus d’une fois devant certains de ses films (voire carrément dormi devant La Dernière Piste). Du coup, j’attendais The Mastermind autant que je m’en méfiais. Et au final, j’ai adoré.
La mise en scène est parfaite, tout est maîtrisé, ultra précis. Il y a un travail énorme sur la texture de l’image, la photo, les couleurs, les costumes, pour qu’on se sente réellement dans les années 70. Ce n’est pas une reconstitution ostentatoire où on nous agite des faits réels et des musiques clichés de l’époque pour bien nous faire comprendre qu’on est dans les années 70 et que c’est la guerre du Vietnam. Kelly Reichardt fait confiance à son spectateur, et ça fait du bien. En tant que fan de la photographie américaine de cette époque, j’ai vraiment été impressionné, chaque plan pourrait être une photo d’époque, tellement l’ambiance est reconstituée avec justesse et goût.
L’autre point que j’adore dans ce film, c’est son personnage principal. Il n’est pas flamboyant, ce n’est pas un loser magnifique comme on en voit souvent dans le cinéma américain. Ici, c’est juste un mec complètement paumé, triste, mais qui ne le montre pas et ne se l’avoue jamais. Ce qui le rend agaçant par moments, drôle souvent, et ultra attachant. On le suit errant dans l’Amérique de cette époque jusqu’à cette fin inéluctable. Ça m’a beaucoup fait penser à Wendy and Lucy, un autre film de Kelly Reichardt que j’adore.
Ça fait un bien fou de voir un film qui est l’antithèse du cool, alors que toute une partie du cinéma d’auteur américain a sombré dans le forçage du cool, on veut des acteurs cool qui campent des persos cool, qui font des trucs cool sur des musiques cool, surlignées par une mise en scène faussement cool. Hurlevent sort la semaine prochaine et j’en ai déjà marre de son forçage cool.
Ici, le perso principal n’est pas Jacob Elordi le beau gosse Américain de base, c’est Josh O’Connor, il a des oreilles décollées et pour ça merci Kelly Reichardt.