7
le 18 févr. 2025
SuivreTHE MONKEY : 14/20
Oublie la nouvelle de Stephen King qui t’aurait empêché de te lever la nuit pour aller pisser, Osgood Perkins, le réalisateur, a voulu proposer quelque chose de complètement décalé et volontairement...
Il y a des films qui montrent exactement ce qu'ils veulent être en dix minutes, et celui-ci en fait partie. Un singe en jouet inquiétant, une chaîne de morts absurdes et grotesques, de l'humour noir, des litres de sang et la sensation constante que la mort peut surgir de la façon la plus ridicule possible. L'idée fonctionne. En fait, je me suis bien amusé pendant un bon moment. Osgood Perkins prend le récit de Stephen King et l'emmène vers un terrain beaucoup plus irrévérencieux que terrifiant, presque comme si Destination finale avait décidé de se moquer d'elle-même. Il y a quelque chose de libérateur dans cette absence de solennité : ici, la mort arrive, commet une horreur et passe à autre chose. Le problème, c'est qu'une bonne idée ne suffit pas toujours à tenir tout un film.
Le singe, lui, fonctionne merveilleusement bien comme présence. Il a quelque chose de profondément désagréable même lorsqu'il ne fait rien. Il n'a pas besoin de beaucoup bouger ni de montrer de grands tours : il suffit de le voir là, immobile, avec cette expression figée, pour que la scène devienne malsaine. Perkins comprend très bien ce pouvoir visuel et joue avec lui, comme il joue avec les cadrages, les coupes brusques et l'attente de morts qui n'arrivent presque jamais comme on l'imagine. Certaines sont tellement exagérées qu'elles cessent de faire peur et deviennent franchement comiques. Et c'est une grande partie du plaisir : le film ne veut pas que nous pleurions chaque cadavre, mais que nous nous demandions jusqu'où ira la prochaine atrocité. Par moments, ce mélange fonctionne très bien et on rit presque avec mauvaise conscience.
C'est pour cela que la comparaison avec Destination finale me paraît inévitable. Non pas parce que les histoires sont identiques, mais à cause de cette logique de fatalité où l'on sait qu'une chose horrible va arriver et où le vrai jeu consiste à découvrir comment. Certaines morts sont ingénieuses, d'autres complètement délirantes, et quelques-unes m'ont fait rire précisément parce qu'elles sont excessives. Ce mélange de gore et de comédie noire est, de loin, le meilleur du film. Theo James tient également bien son double rôle et trouve un ton assez sérieux pour que toute cette folie puisse exploser autour de lui sans que l'ensemble devienne une parodie totale. J'aime aussi que Perkins n'essaie pas de répéter l'horreur de Longlegs : ici, il semble surtout vouloir s'amuser, tout salir et transformer la mort en gag.
Mais il arrive un moment où la formule se montre trop. Singe, menace, mort extravagante, réaction, suivante. Le décor change, la victime change, le mécanisme change, mais la sensation devient la même. C'est là que j'ai commencé à décrocher. Ce qui me surprenait au début est devenu une attente : bon, alors comment vont-ils tuer le suivant ? Le problème n'est pas que le film soit excessif ; cette démesure fait justement partie de sa personnalité. Le problème est qu'il devient répétitif. Quand l'impact repose sur la surprise, répéter trop souvent le même mécanisme finit par réduire son effet. Au début, j'attendais la mort suivante avec curiosité ; vers la fin, je l'attendais simplement parce qu'elle me rapprochait un peu plus du générique.
Sous tout ce festival sanglant, le film essaie aussi de construire une histoire de frères, de pères, de fils, de culpabilité et d'inévitabilité de la mort. C'est bien que cela existe, car cela évite que le film ne soit qu'une succession d'accidents macabres, et je comprends l'idée de fond : la mort est absurde, inévitable et ne négocie avec personne. Mais cette partie émotionnelle ne m'a jamais autant intéressé que le film semblait l'espérer. Chaque fois qu'il revient au singe et à l'humour noir, il reprend vie ; lorsqu'il veut que je m'implique fortement dans les conflits personnels, il perd plusieurs niveaux. Non pas parce que les acteurs jouent mal, mais parce que la partie humaine n'a ni la même force ni la même originalité que la partie macabre. Ce déséquilibre finit par peser.
Au final, mon impression est assez claire : c'est bien, mais voilà. Le film a de la personnalité, de très belles images, le singe est vraiment inquiétant et certaines morts sont aussi imaginatives que ridicules. Je comprends parfaitement que certains adorent ce type de comédie gore et en fassent une fête ; moi aussi, j'en ai apprécié une bonne partie. Mais ensuite, j'ai eu l'impression de voir des variations du même gag et j'ai fini par vouloir que cela se termine. Perkins montre qu'il sait filmer l'absurde, la violence et le malaise, et il y a du talent visuel derrière toute cette boucherie. Mais cette fois, la blague dure plus longtemps qu'elle ne fonctionne pour moi. Drôle par moments, répugnante quand elle le veut, avec un jouet que je préférerais ne jamais trouver chez moi. Une fois le spectacle terminé, pourtant, il ne m'est pas resté grand-chose de plus.
Créée
hier
7
le 18 févr. 2025
SuivreOublie la nouvelle de Stephen King qui t’aurait empêché de te lever la nuit pour aller pisser, Osgood Perkins, le réalisateur, a voulu proposer quelque chose de complètement décalé et volontairement...
1
le 20 févr. 2025
SuivreIl y a une scène dans Toy Story 3 où un singe mécanique aux cymbales scrute les couloirs d'une garderie sur des écrans de surveillance, les yeux exorbités, les dents serrées dans un rictus permanent...
6
le 25 févr. 2025
SuivreAprès le succès de son Longlegs, l'annonce d'un film d'Oz Perkins a au moins la capacité de rendre curieux, voir impatient. Tandis que l'objet de la possession, un singe en peluche jouant du tambour,...
6
le 19 sept. 2025
SuivreLa série démarre fort, en installant un univers trouble où famille, affaires et crime s’entremêlent. Tous les ingrédients d’un bon thriller sont là : tension, trahisons et personnages piégés dans des...
7
le 11 janv. 2026
SuivreCe n’est pas une série qui demande de la patience, mais elle exige une certaine disposition à se laisser porter. Dès le début, elle pose un mystère clair, reconnaissable, presque confortable, et...
8
le 22 nov. 2025
SuivreIl y a des séries qu’on ne regarde pas pour “se divertir”, mais pour affronter quelque chose qui te met mal à l’aise. “Pubertat” entre là-dedans sans demander la permission : elle t’emmène dans une...