Pour un premier film, c'est un film qui claque. The Plague nous plonge (bonne blague) dans une communauté de préadolescents dans les années 2000, en plein camp d'entraînement de water-polo. Qu'est-ce qui pourrait donc mal se passer ?
The Plague nous place donc au sein d'un environnement et d'une période extrêmement compliqués : ceux de l'adolescence et donc, de fait, ceux du harcèlement.
Véritable (re)construction sociale d'une communauté adolescente, The Plague montre avec justesse comment les relations de force et de pouvoir évoluent dans un groupe de jeunes laissés en quasi-autonomie.
Le film se concentre donc sur une maladie, « la peste », qui va venir toucher une personne du groupe et qui sera le vecteur principal du harcèlement des autres élèves du groupe. Cette maladie de peau donne ainsi une excuse pour harceler moralement et physiquement les jeunes qui ne rentrent pas dans le moule.
Le film est de plus assez malin pour ne pas créer un personnage principal complètement manichéen, et montre comment le statut de harceleur et de harcelé est en constante évolution.
Au-delà de cette thématique centrale, The Plague est aussi un film formellement magnifique. Même si la mise en scène me paraît souvent plus stylisée que signifiante, The Plague se permet d'avoir une photo et un sens du cadre particulièrement forts pour un premier film.
L'eau et la musique contribuent à l'angoisse permanente qui traverse la jeunesse d'hier et d'aujourd'hui, même si le film s'éternise un poil sur sa fin et n'arrive pas totalement à clôturer ses différents axes narratifs.
Dernier gros point fort : ces acteurs (et notamment celui qui joue le harceleur principal), qui sont à surveiller pour les années à venir.