Ce film est une véritable immersion.


Immersion dans une histoire passée, faite de luttes et de drames. Là où l'homme blanc a porté le fer et imposé sa façon d'envisager le monde.
Immersion dans une nature sauvage, tout juste apprivoisée par ces formes de vie bipèdes qui imaginent tout conquérir par la force.
Immersion dans la tête d'un homme qui a perdu ce qui le rattachait à la vie. Le seul fil qui lui reste pour demeurer de ce côté du voile, c'est la vengeance.


La lutte entre les deux civilisations est faite de violence. Implacable, quasiment sans compromis, mortelle. Ici, les indiens sont dépeints sans fard et les pionniers n'ont de civilisé que le nom. Lorsque l'une des deux parties fait preuve d'un soupçon d'humanité, nul retour à attendre. Pas de récompense pour les justes, juste le repos éternel. Pas de bien, pas de mal. Nous sommes tous des sauvages.


La lutte contre la nature est de chaque instant. Dans cet univers rude, il faut se battre pour survivre. Les femelles défendent leurs petits, l'hiver glace les corps et les cœurs et les humains se défient les uns des autres. Le spectateur, confortablement installé, peut admirer des paysages d'une beauté hypnotique. Le vent, la neige, les cours d'eau, tout est magnifié par le point de vue retenu par le réalisateur.


La lutte pour la survie commence par un combat à mort. Alors qu'elle paraissait perdue, la perte déchirante d'un être cher relance la rage de vivre... et de se venger. La volonté de tenir est mise en avant comme rarement au cinéma. La héros aurait dû mourir vingt fois. Il tient bon pourtant, tant que le fil de la vengeance retient sa marionnette dans le théâtre sanglant de l'existence. Mais lorsque tout est consommé, que reste t-il ?


Ce film alterne des moments absolument magnifiques et d'autres d'une tension inouïe. La musique accompagne avec justesse ces diverses scènes. Le travail sur les sons est époustouflant : les pas qui crissent dans la neige, les bruits de l'eau, du dégel , les halètements des hommes et des bêtes, le souffle du vent, de la respiration, de la mort. Tragique. Magique.


Certes, la frontière est ténue entre la fascination et l'ennui. Longueurs et contemplation se côtoient pendant plus de 2h30 mais Di caprio parvient toutefois a conserver l'intérêt du spectateur, du moins celui qui aura réussi à s'immerger dans cet univers fait de blanc et de pourpre. Sa prestation mérite d'être saluée.


Reste à l'issue de la projection l'impression d'un voyage dans une nature encore vierge où des êtres vivants doivent se tuer pour survivre. Une saveur douce amère subsiste, à l'instar des larmes qui noient ce regard azur alors que tout est dit.

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le 26 févr. 2016

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