Une frappe qui cible le bon endroit mais rate en partie le coup

Comme son titres l'annonce, Lim Tae-gue ambitionne de radiographier la Corée pour y chercher l'origine d'une violence dans les gênes du pays et dont l'un des racines pour lui réside bien évidement dans l'armée et son service, propice à de nombreux débordements. Thématiquement, il y a forcément beaucoup de choses, pour ne pas dire passionnantes, tant la Corée du Sud dépend encore fortement d'une société phallocrate où prédominent le respect de la hiérarchie, des personnages plus âgées, de l'autorité et de la famille. La seconde partie gagne en profondeur en confrontant deux niveaux de violence qui se relient : celle de l'armée donc et celle au sein d'une même famille avec le beau-frère de Joo-yong qui s'avère maltraiter sa sœur et que Joo-yong giflera violemment lui aussi pour se laisser battre par son époux. Quant à elle, c'est à peine si elle a le droit de parole. Il ne lui reste en fait qu'à chercher à se réfugier dans la religion qui n'a guère l'air trop épanouissante.
Le film respecte une unité de temps en se déroulant sur moins de 24h avec un certain brio pour un scénario assez bien construit dans ses péripéties et qui, pour une fois, évite le gros mélodrame bien pathos (cf la première moitié de Black Stone) sans jamais rentrer dans "le film à thèses".


Reste un point moins convainquant : la réalisation qui joue beaucoup sur les plans-séquences caméra à l'épaule qui suivent les personnages de dos sans jamais vraiment les lâcher. Le procédé n'apporte pas grand chose à la tension, contrairement au choix de cadrer en 1.33 qui renforce un réel sentiment d'enfermement, cohérent par rapport au propos.
J'ai même trouvé que le partis-pris de la mise en scène dessert le film et qu'il nuit à la psychologie des personnages, plutôt crédible sur le papier, mais auxquels il n'est pas évident de s'attacher.


Du coup le film n'atteint qu'à moitié sa cible. Mais l'approche et le caractère donnent envie de croire en la suite de la carrière de Lim Tae-gue. En tout cas, je suis bien moins sévère que mes camarades qui ont plutôt descendu ce titre.

anthonyplu
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le 28 oct. 2017

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