Même si le deuxième ne m'avait pas emballé, le travail de James Gunn sur « Les Gardiens de la Galaxie » était remarquable, et je me disais que le voir prendre la suite de David Ayer après un premier volet désolant était une excellente idée. Pourtant, j'ai eu quelques doutes au départ : on est, certes, tout de suite dans l'action, mais ça manque sérieusement de contextualisation et de mise en place.
Ce qui était en réalité un stratagème pour mieux nous berner et nous offrir une introduction réjouissante,
où le réalisateur prend un malin plaisir à défourailler à tout va et décimer...
ceux qui ne seront pas les personnages principaux.
On revient alors à quelque chose de plus traditionnel, toujours aussi improbable niveau logique de « commando », mais bon, personne n'est là pour une leçon de réalisme accrue. Classique mais efficace, toujours avec cet humour un peu « borderline » et souvent efficace, sans que je sois totalement convaincu de l'utilisation de King Shark, aussi bien foutu soit-il. Le scénario est assez faiblard et pas hyper-intéressant, tout en restant suffisamment fun et délirant pour que ça passe. Qu'il n'y ait pas réellement d'antagoniste principal n'est pas non plus idéal, votre serviteur préférant toujours que le « Mal » soit incarné par un visage précis.
Le reste est un divertissement délirant et complètement décomplexé, parfois ultra-spectaculaire dans sa logique de destruction massive, très bien mené par un Gunn sûr de son fait et de son talent, mené par un « duo » Margot Robbie - Idris Elba dominant aisément un casting correct, sans plus. « The Suicide Squad » évite toutefois la naïveté et la glorification excessive en se faisant légèrement (critique) politique dans sa dernière ligne droite, que l'on retiendra toutefois beaucoup moins que ce carnage en règle et un nombre de morts à faire pâlir « Commando »
(la scène où la belle Margot massacre des dizaines d'hommes du général pour s'enfuir du palais sur « Just a Gigolo » de Louis Prima est de loin mon moment préféré).
C'est du bon gros blockbuster qui tâche, presque une résurrection pour DC au vu des dernières productions, et la confirmation que lorsque votre projet est dans les bonnes mains, il a autrement plus de chances de se démarquer du tout-venant (coucou Marvel). Une réussite.