Paradoxe : voilà sans doute le terme le plus approprié pour qualifier le nouveau film de Yeon Sang-ho.
Oubliez Dernier train pour Busan, ses zombies, son montage nerveux et sa violence frontale : The Ugly prend le contrepied total.
Avec un titre à l’ironie évocatrice, le film affirme d’emblée son identité : une œuvre de genre coréenne, flirtant avec le pastiche du polar. Le récit navigue ainsi entre chronique familiale, vaudeville et enquête burlesque, multipliant les variations de ton et de style.
On se surprend à sourire face à l’ignominie de ces personnages, hommes pleins de vices et de lâcheté, avant de comprendre que le réalisateur ne cherche jamais la complaisance. Au contraire, il s’amuse à se moquer du spectateur, jouant avec notre curiosité presque maladive et renvoyant à notre propre humanité ses zones les moins reluisantes.
The Ugly n’est pas un grand film, mais un feuilleton plaisant, à la mise en scène parfois poussive et au scénario trop étiré. Il parvient toutefois à être drôle sans sombrer dans le ridicule.