Pour une raison obscure, j’avais boudé le film à sa sortie. Je crois qu’il me paraissait formaté et marketé pour un public ado, genre comme un film d’horreur de plus.


Elvira et sa sœur débarquent chez le nouveau mari de sa maman. Là vit également la magnifique Agnes. Entre les deux demi-sœurs, ça va pas être la grande entente. Il faut dire qu’Elvira est pas super jolie et à l’heure où le prince du royaume cherche à se marier, la rivalité est forte.


On met un moment à comprendre ce que le film est vraiment. Étant parti d’un simple avis en ligne, je n’avais à peu près aucune info. Ainsi, la première surprise est qu’il s’agit d’un film norvégien. J’ai plutôt un bon à priori sur le cinéma scandinave et j’aime entendre le norvégien. Très bien donc. Assez vite, on comprend que c’est un film féminin. Les thèmes de la beauté et du rapport au corps rappellent cette tendance très actuelle qu’on appelle aujourd’hui le « body horror », genre cronenberguien s’il en est, mais devenu dernièrement la marotte de toute une nouvelle génération de réalisatrices. Une fois tout ceci posé, on comprend mieux dans quoi on nous emmène. Ce sera une comédie horrifique vaguement féministe sur les affres de la recherche immodérée de la beauté. Ou dit autrement, comment la recherche du regard masculin va pousser les femmes à s’automutiler. On pense bien sûr à d’autres films, en particulier The Substance, mais notre film parvient à créer son identité propre en contournant le mètre étalon du conte merveilleux et romantique, Cendrillon. Quand le rêve de petite fille vire au cauchemar. Quand le fond devient tout à fait explicite (y compris par des inserts auxquels on ne s’attend pas, pour ainsi dire un caviardage à l’ancienne).

Dans tout ça, on aimera la bizarrerie de l’ensemble, l’interprétation habitée, des personnages parfaitement désagréables, une musique prenante, une photo remarquable et une intrigue qui sait maintenir ses effets.


Donc ? Belle surprise ! Pour qui aime le genre et ce nouveau cinéma horrifique, c’est une réussite. Certaines images nous collent à la rétine pour plusieurs jours et cette ambiance peine à nous quitter. Cette Emilie Blichfeldt est probablement quelqu’un à suivre. Par contre, en effet, ce n’est pas pour tout le monde.


>>> La scène qu’on retiendra ? C’est vraiment dégueu un ver solitaire.

Konika0
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le 21 févr. 2026

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