Après un on ne peut plus médiocre The Vanguard, qui mettait lamentablement en scène un barbu badass terrassant à bicyclette des pseudo-zombies dans un univers post-apocalyptique cheap de chez cheap, le réalisateur anglais Matthew Hope persévère dans la réalisation et se paie le luxe d'avoir dans son deuxième long-métrage le très en vogue Toby Kebell (RockNRolla), l'excellent Brian Cox (La Planète des Singes : Les Origines) et le 'je-ne-demande-qu'à-être-connu-bordel' Tony Curran (Underworld 2), accompagnés d'autres petits acteurs anglais.
Mélange de drame urbain à la Harry Brown, de thriller conspirationniste et de pétage de plomb (un peu trop) inspiré par Taxi Driver, The Veteran suit donc le retour au pays de Robert Miller, ancien soldat revenu dégouté d'Afghanistan qui décide d'aider avec une certaine réticence le gouvernement afin de surveiller de près des terroristes d'Al-Qaida et en particulier leur informatrice, jouant dans les deux camps... Agrémenté d'une sous-intrigue complémentaire située dans le ghetto britannique, le film manque cruellement de moyen pour jouer dans la cour des grands mais, grâce à un habile dosage, parvient à rester intéressant.
C'est donc surtout grâce à ses thèmes actuels très effrayants (dont l'envers du décor au sujet des missions de guerre) et ses brillants acteurs parfaitement dirigés - dont un Toby Kebell tout simplement parfait - que The Veteran s'appuie. L'intrigue est un peu trop bavarde, certes, et les scènes d'action se font courtes et rares, excepté donc à la fin où ça pétarade en pleine cité dans une immense fusillade de quartier bourrine et sans concession (il a des corones le Matthew). On regrettera donc surtout ce manque de moyens freinant la qualité graphique du long-métrage mais dans l'ensemble, on peut dire que le film est une sacrée surprise assez inattendue dans le genre.