Charmé par les sirènes d’Hollywood après le succès de son premier film sorti en 2018, le thriller humoristique ultra bourrin WHY DON’T YOU JUST DIE découvert grâce à Shadowz en France, le réalisateur russe Kirill Sokolov, s’attaque cette fois-ci au genre de l'horreur, avec un survival au beau milieu d’une secte satanique.
Une promesse haléchante, quand on connaît la propension du réalisateur à faire du grandiloquent et à tourner en dérision les travers de notre société.
Dans THEY WILL KILL YOU, titre assez évocateur pour deviner dans les grandes lignes l’intrigue du film, on suit une jeune femme à la recherche de sa sœur cadette, après avoir tenté d’assassiner son propre père, violent, et purgé une peine de 10 ans de prison.
Elle se fait embauchée comme femme de chambre dans un mystérieux établissement de luxe, persuadée que sa sœur est retenue contre son gré dans ce lieu.
Ce qui avait fait la recette de son premier film, c’était cette envie démesurée de faire souffrir ses personnages tant physiquement que moralement, en repoussant toujours les limites du grossier, avec des scènes de baston frôlant le cartoonesque. Le rythme effréné de WHY DON’T YOU JUST DIE, posait déjà les bases du cinéma de Kirill Sokolov, de l’action bien énervée, une mise en scène à la façon d’un Tarantino, avec ses découpages cliniques et cette inventivité folle. Mais le cinéaste russe, ne faisait pas que pomper dans ses influences, il les modelait à sa façon pour apposer sa marque de fabrique.
Pour ce second film, on pourrait penser à un mélange entre un film d’action à huis clos du genre THE RAID et un survival féminin façon WEDDING NIGHTMARE (ça tombe bien sa suite sort très bientôt), avec une final girl badass et bagarreuse.
THEY WILL KILL YOU, c’est tout ça à la fois, mais aussi tellement plus.
Rajoutez au cocktail une secte satanique, du gore outrancier, des running gag trashs, tout ce que le cinéma américain bien élèvé n’ose habituellement pas mettre en scène, le réalisateur russe y va à fond, directement en hommage aux splatter movies des années 80/90.
Avec la fraîcheur d’un cinéaste extérieur au système d’Hollywood, qui découvre qu’avec des moyens supplémentaires on peut se permettre d’aller plus loin dans l’exploitation de ses idées, pour permettre d’en balancer plein la vue.
Côté casting, Zazie Beetz se paye un premier rôle de luxe, son interprétation de la final girl apeurée autant que déterminée dans sa vengeance, le visage maculé de sang, machette à la main, sera certainement un tremplin dans sa carrière, en tout cas c'est la naissance d'une nouvelle héroïne.
Les seconds rôles sont campés par des visages connus du cinéma fantastique, Heather Graham, Tom Felton et Patricia Arquette, y incarnent certe des protagonistes uniquement là pour meubler le récit, mais aussi pour montrer que la réalisation monte d’un cran niveau qualité avec une distribution des rôles plus professionnelle.
Un surclassement qualitatif que l’on retrouve aussi dans la technique et les moyens supplémentaires octroyés au spectacle. Les effets visuels et numériques sont très généreux, mais toujours au service de l’action.
Si l’on frôle volontairement le too-much à plusieures reprises, on ne tombe jamais dans le ridicule, le carnage est illustré par une imagerie horrifique qui est assumée jusqu'au bout, pour le plus grand bonheur des fans de série B.
Il faut y voir ici un film bis, mais avec les moyens d’une grosse production, typiquement le genre de proposition qui manque au cinéma actuel.
En définitive, THEY WILL KILL YOU, à défaut de faire dans le subtil, pose les deux pieds dans le plat avarié du cinéma d’horreur démonstratif, couillu, grâce à un mélange des genres maîtrisé, qui ne souffre d’aucun temps mort.
Ça défouraille sévère dans des effusions d’hémoglobine façon tuyau d’arrosage, les scènes de castagne chorégraphiées au millimètre s'enchaînent à un rythme effréné, laissant place à un imaginatif débridé. Tout les coups sont permis, machette, fusil à pompe, il y a même une putain de hache enflammée !
Difficile de bouder un tel plaisir devant le spectacle jubilatoire, un bon gros défouloir, pas bien malin, pas très fin, plutôt grossier, mais terriblement jouissif. Après un premier essai réussi, ce nouveau film de Kirill Sokolov, vient réaffirmer tout le potentiel créatif du russe, qui impose direct sa patte dans le cinéma de genre.
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