Together représente, par le biais du cinéma de genre, l’horreur de la disparition de son propre corps dans celui d’autrui inhérente à la vie à deux, soit le sacrifice de deux individualités sur l’autel d’un corps hybride, bien sous tous rapports – en témoigne le voisin accueillant – et dépourvu d’aspérités apparentes. La satire conjugale, que déclinera quelques mois plus tard The Drama (Kristoffer Borgli, 2026), s’étend à la société dans son ensemble et aux discours tenus initialement aux deux futurs mariés sur les injonctions devant définir leur quotidien ; le dérèglement physique et psychologique tend alors vers ce conformisme tout en imaginant une série de pas de côté qui terrifient et amusent d’un même mouvement, mention spéciale à la séquence nocturne durant laquelle le corps appelle son hôte respectif à la fusion avec autrui sans consentement de sa part… Nous naviguons librement entre les rives du cinéma de David Cronenberg et celles du cinéma de John Carpenter, au sein d’une œuvre élégamment mise en scène et intelligente dans son dosage d’une horreur corporelle ni complaisante ni gratuite.