Il y a des films comme Train Dreams qui sortent de nulle part et m’emportent dès la première scène. À travers le récit d’une âme oubliée, perdue dans l’immensité de la nature et du temps, on suit un homme devenu spectateur d’un monde qui change et évolue sans lui. L’industrialisation efface les traces qui nous entourent, ainsi que celles de ceux que nous aimons, nous laissant errer comme des vagabonds sans passé ni futur. Et on finit par se demander si tout cela a un sens, quelle est notre place et notre but dans ce tout.
Train Dreams c’est tout ça et encore plus. Narré par une voix off qui rappelle celle de L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, le film convoque aussi Terrence Malick dans sa manière de capter la pureté des petits moments de la vie. Et au cœur de ce film sublime, il y a l’immense Joël Edgerton, bouleversant de justesse dans chaque regard et dans chaque mot prononcé avec cette voix grave et apaisante si significative et qui semble porter tout le poids d’une vie.
À travers son parcours silencieux et mélancolique, on ressent des émotions rares que je retrouve dans très peu d’œuvres et qui nous donnent l’impression qu’il y a peut-être au bout du chemin, une réponse dans ce grand tout.
Immense film !