Encore une palme qui arrive trop tard pour récompenser un cinéaste dont les meilleurs films sont derrière lui : "Le cercle", "Le ballon blanc", "Sang et or".
Encore une palme peu convaincante.
Encore un cinéaste qui "s'américanise" ou "s'européennaïse" pour séduire mais ne fait que décevoir.
Le film ne garde un intérêt cinématographique que durant ses dix premières minutes, lorsqu'il ne parle pas, jusqu'à l’enlèvement du bourreau.
Le raccord sur la pelle qui frappe en ville avec la pelle qui creuse dans le désert, aussi (faussement) brillant qu'il s'imagine être, sonne le glas d'une mise en scène soutenue pour tomber dans le pire scénario discursif soporifique. Ça n'avancera plus, les personnages s'accumuleront autour du nœud dramatique comme on se bouscule au portillon, et agaceront par leur absence d’ambiguïté, de vie, chacun exprimant une idée, une seule, une simple idée.
Plutôt qu'un raccord (raté) et une ellipse à la frère Coen sur les deux coups de pelle, c'est dans le camion, dans la continuité de l'action que l'on aurait dû rester. Comment le transporte-t-il ? Comment parvient-il à sortir de la ville ? Un jeu avec le hors-champ à nouveau possible avec ce chauffeur qui parle à des personnes qui l'arrêtent ou ralentissent sa fuite, etc. Quelque chose de moins bavard et théâtreux (la ref à Beckett finit de tuer l'intérêt par un lourd clin d’œil).
Le choix du metteur en scène fut autre, sauf à Cannes.