Une bataille après l'autre a droit aux superlatifs habituels, comme à chaque sortie d'un nouveau film de Paul Thomas Anderson. D'avance, on se sent quelque part obligé de s'extasier devant la soi-disant maitrise, la prétendue leçon de cinéma et le chef-d’œuvre annoncé.
Mais si on reste objectif, le film est davantage sympathique que brillant. Certes, son décousu assumé est plutôt réussi, l'ensemble est souvent marrant. Et on ne voit pas passer les 2h40. C'est déjà beaucoup.
Le film est aussi plus constant que Eddington, auquel il est impossible de ne pas le comparer. Il y a bien aussi une baisse de niveau sur la toute fin, mais c'est moins flagrant. Ceci dit, ce qui était réussi dans Eddington l'était davantage.
Eddington n'instaurait pas de manière aussi claire un camp du bien contre un camp du mal. Tout le monde y était abominable... Au contraire, Une bataille après l'autre pose un groupe de résistance qu'on trouvera facilement sympa. Face à eux, les méchants du film sont perclus de tics, et totalement antipathiques. Donc effectivement, on peut voir le film comme une critique de l'Amérique actuelle, et percevoir les héros comme un groupe de résistance. Maintenant, tout ça se retourne comme une crêpe : les complotistes les plus pétés du casque et les survivalistes les plus acharnés s'identifieront très bien à ce même groupe, ce qui revient à l'inverse de l'effet escompté. Donc pour ce qu'il raconte, le film n'est pas d'une grande finesse.
En clair, Une bataille après l'autre reste un bon film. Mais s'il n'était pas réalisé par Paul Thomas Anderson et si on n'y croisait pas tant de stars mondiales, les éloges qu'on lit déjà un peu partout sur son compte auraient sans doute été plus pondérées.