Par une nuit pluvieuse, un célèbre écrivain (Onoff) erre dans la campagne et est emmené par des policiers dans un commissariat vétuste. Il ne comprend pas ce qu'il y fait et ne se souvient de rien. L'écrivain est interrogé par le commissaire (Roman Polanski), qui se trouve être un de ses admirateurs et lui apprend qu'un meurtre a été commis...
D'entrée de jeu, le sentiment d'absurde et de déréliction est poussé à l'extrême, créant un mélange de malaise et de curiosité. Le face à face entre les deux monstres sacrés du cinéma est servi par d'excellents dialogues. Polanski se montre très à l'aise dans son personnage ambigu et ambivalent, tour à tour sadique et bienveillant. Ce huis-clos baigne dans une atmosphère kafkaïenne jusqu'au dénouement, inattendu et poétique. Film italien de Giuseppe Tornatore (à qui l'on doit le fameux "Cinema Paradiso"), "Une pure formalité" est une œuvre insolite et déconcertante dont l'étrangeté peut rebuter ou au contraire charmer le spectateur.