J'ai adoré Valley of Love. Difficile pourtant d'expliquer pourquoi... Enfin, disons que j'ai quelques idées, mais qu'elles ne suffise pas à expliquer quoi que ce soit. Déjà parce que ce film réuni deux des meilleurs acteurs français encore en vie. Qu'il soit costaud ou obèse, jeune ou vieux, français ou russe, Mitterrandien ou Sarkozyste, Cyrano de Bergerac ou Mammuth, j'aime Gerard Depardieu d'un amour profond ! Je m’étendrais moins sur Huppert, bien que ce soit la sexagénaire la plus canon et stylé que je connaisse... Ensuite il y a Guillaume Nicloux. Réalisateur d'un de mes films cultes, le trop méconnu "Le Poulpe". Et puis il y a le désert. Un décor récurant d'un cinéma américain que j'affectionne tout particulièrement. Les westerns, les road-movies, les films de Peckinpah ou de Clint Eastwood... Mais ces raisons sont plutôt celles qui m'ont poussé à regarder Valley of Love. Pas à aimer Valley of Love.
Il y a une sorte d’atmosphère étrange qui se dégage de ce film. Une tension continuelle et inexplicable. Un coté surréaliste dans ces décors hostiles dans lesquels errent une poignée de retraités américains en bob, short et polo de golf. Un coté surnaturel aussi, dans une poignée de séquences à l'apparence toute lynchéenne. Notamment l'apparition surprenante de cette jeune femme handicapée au beau milieu d'un terrain de tennis, toute droit sortie d'un rêve de l'agent Cooper. Et puis il y a la mise en scène. Élégante et discrète. Qui filme à merveille nos deux acteurs errant de la fournaise de la vallée de la mort. On ressentirais presque la chaleur du désert rien qu'à regarder les gouttes de sueurs perler sur le front de Depardieu.
Si vous regardez Valley of Love juste pour son scénario, vous risquez d'être déçu. Valley of Love fait partie de ces films lents et contemplatifs, qui laissent libre court à l’interprétation de chacun. Il faut juste savoir à quoi vous attendre...